L’armée malienne veut reconquérir Kidal avant les élections de juillet

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Des combattants du groupe islamiste Ansar Dine à Kidal (Photo: radiosawa)
Des combattants du groupe islamiste Ansar Dine à Kidal l’an dernier(Photo: Archives/radiosawa)

L’armée malienne, qui accuse le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) de pratiquer l’«épuration raciale» aux dépens des Noirs de cette Kidal, a déclaré mardi être partie à la reconquête de cette ville du nord-est du Mali occupée par la rébellion qui, pour sa part, ne voulait surtout pas voir l’armée malienne dans cette ville à majorité touareg par peur des représailles.

Le refus par le MNLA de la présence de l’armée et de l’administration maliennes dans la ville compromettent la tenue dans tout le pays du premier tour de la présidentielle prévue pour le 28 juillet, alors que les ministres européens des Affaires étrangères ont réaffirmé lundi 27 mai qu’il était essentiel que les élections prévues au Mali puissent se tenir sur l’ensemble du territoire, «y compris dans la région de Kidal et dans les camps de réfugiés».


Dans ce contexte, l’UE avait alors encouragé la Commission Nationale de Dialogue et de Réconciliation à «engager ses travaux dans les meilleurs délais afin d’assurer un dialogue national inclusif ouvert à la fois aux représentants civils et aux représentants des groupes armés non-terroristes et non-criminels qui ont déposé les armes» et le président malien de transition, Dioncounda Traoré, avait récemment affirmé être disposé à dialoguer avec le MNLA en prônant une plus grande décentralisation tout en excluant une autonomie du nord du pays.

Mais, au lieu du dialogue, voilà que le ministre malien des Affaires étrangère Tièman Coulibaly déclare que «L’armée va marcher sur Kidal!».

«Nous avons assisté ces trois derniers jours à une chasse aux Noirs à Kidal. Il s’agit clairement d’actions contre les Noirs», a-t-il déclaré lundi 3 juin.

Le MNLA pour sa part a démenti toute «chasse aux Noirs», assurant rechercher plutôt des éléments infiltrés envoyés par les autorités maliennes à Kidal.

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Quoiqu’il en soit, la reconquête de Kidalpar l’armée malienne, si reconquête il y avait, risquerait de compromettre les négociations qui se déroulent à Ouagadougou en vue de trouver un accord entre la rébellion touareg et le gouvernement malien pour l’organisation de la présidentielle à Kidal et il y fort à craindre que la solution de l’armée malienne au problème de Kidal envenime plutôt la situation.

Quant aux soldats français, dont l’intervention avait permis le retour de la rébellion touareg avec laquelle ils collaborent maintenant, ils restent basés à l’aéroport de Kidal et le porte-parole de l’état-major de l’armée française, le colonel Thierry Burkhard, a déclaré à Paris n’avoir «aucune information» sur des mouvements de troupes maliennes vers Kidal.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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