Le Canada au G8: «gravement préoccupé» par les enjeux de sécurité

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Le premier ministre Stephen Harper en conférence de presse au Sommet du G8, en irlande du Nord, le 18 juin (Photo:Jason Ransom/ PMO)
Le premier ministre Stephen Harper en conférence de presse au Sommet du G8, en Irlande du Nord, le 18 juin (Photo:Jason Ransom/PMO)

Le premier ministre Stephen Harper, qui avait annoncé hier un soutien accru pour les personnes touchées par le conflit en Syrie, s’est dit aujourd’hui lors de la conclusion du Sommet du G8 préoccupé par les problèmes de sécurité au Moyen-Orient, en Iran et en Corée du Nord, mais s’est félicité de ce que, selon lui, tous les membres du G8, y compris la Russie, appuient maintenant la transition vers un nouveau régime en Syrie.

Le premier ministre Harper a affirmé dans son discours avoir eu avec les autres dirigeants réunis pour le Sommet à Lough Erne, à Enniskillen, en Irlande du Nord, des échanges francs et constructifs au sujet de la détérioration de la situation en Syrie.

«J’ai réitéré la position du Canada, à savoir que nous voulons voir en Syrie un gouvernement qui soit représentatif de l’ensemble de la population de la Syrie», a déclaré M. Harper, ajoutant «Nous avons également discuté de la situation désastreuse sur le plan humanitaire qui prévaut en Syrie et dans les pays voisins.»

Selon le premier ministre Harper, la position du président russe Poutine a évolué de façon positive depuis ses récentes déclarations à Londres et le premier ministre canadien déclare quMà la Conférence de paix dite de genève 2 «on va vraiment s’assurer qu’on puisse réaliser cette transition vers un nouveau régime».

Hier, le premier ministre Stephen Harper avait annoncé au Sommet un nouveau soutien canadien de 115 millions $ pour faire face aux difficultés humanitaires et en matière de développement, à la fois en Syrie et dans les pays voisins qui reçoivent des réfugiés.

«Le brutal régime Assad continue de semer le chaos parmi les innocents civils syriens. Le Canada continuera de travailler avec ses alliés pour aider la population syrienne», avait alors déclaré Stephen Harper «Le Canada offre un important soutien supplémentaire pour aider à répondre aux besoins humanitaires des gens vulnérables dans la région.»

En réponse aux appels à l’aide humanitaire lancés par l’ONU et par le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour la Syrie et les pays voisins en 2013, le Canada fournira donc, précise un communiqué du bureau du premier ministre canadien, un nouveau soutien de 90 millions $ de plus aux organismes d’aide humanitaire à l’œuvre en Syrie et dans les pays qui accueillent les réfugiés afin de fournir de toute urgence de la nourriture, de l’eau potable, des installations sanitaires, des soins de santé d’urgence, des abris et une protection aux populations touchées par la crise syrienne.

En outre, un soutien supplémentaire de 25 millions $ sera versé à la Jordanie et au Liban pour rendre les services et l’infrastructure publics plus résilients, notamment en matière de santé, d’éducation, et pour offrir des services de base, sur lesquels s’exercent actuellement des pressions importantes en raison de l’arrivée des réfugiés syriens.

Dans son discours lors de la conclusion du sommet, le premier ministre Harper s’est aussi dit «gravement préoccupé par des problèmes d’envergure internationale en matière de politique et de sécurité, particulièrement ceux qui touchent l’Iran et la Corée du Nord.»

Syrie: pas d’entente sur le sort d’Assad

Le premier ministre Stephen Harper écoute le Premier ministre britannique David Cameron lors de l’ouverture lors de la première séance de travail du G8 de la journée à Enniskillen, Irlande du Nord, le 18 Juin 2013 (Photo: Jason Ransom/PMO)

En ce qui a trait à la Syrie, le prudent optimisme de M. Harper n’est peut-être pas partatgé par tous. Le sommet du G8 a se termine par un appel à l’organisation «dès que possible» d’une Conférence de paix, mais laisse sans réponse toutes les questions clés pour le règlement du conflit, la déclaration finale du G8 sur la Syrie reflétant les profondes divergences entre Moscou, allié indéfectible du régime de Damas, et les Occidentaux, qui soutiennent l’opposition à Bachar Al-Assad.

«Nous restons engagés à trouver une solution politique à la crise», indique le G8 dans sa déclaration commune, réitérant sa détermination à organiser «dès que possible» la conférence dite de Genève 2, destinée à amener les parties à la table de négociations.

Mais le sommet à peine terminé, Vladimir Poutine a de nouveau évoqué la possibilité que la Russie livre encore de nouvelles armes au régime syrien, donnant un premier coup de boutoir au consensus de façade obtenu au G8.

Genève 2 doit permettre aux parties de s’entendre sur la mise en place «d’un gouvernement transitoire formé par consentement mutuel et ayant les pleins pouvoirs exécutifs», dit le texte de la déclaration commune, sans pouvoir toutefois, faute d’entente, préciser pas le sort du président syrien Bachar Al-Assad, dont le départ est considéré par l’opposition syrienne comme une condition sine qua non de sa participation à la Conférence de paix.

Pendant ce temps, dans un entretien mardi avec le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Bachar al-Assad a affirmé de nouveau ce qu’il avait déjà dit le mois dernier dans une entrevue au journal argentin Clarin, que quitter le pouvoir dans le contexte actuel serait une «trahison nationale».

Les dirigeants du G8 ont par ailleurs exprimé leur inquiétude face «la menace grandissante du terrorisme et de l’extrémisme en Syrie et de la nature de plus en plus intercommunautaire du conflit».Ils ont aussi condamné tout usage d’armes chimiques en Syrie et demandé l’accès de la mission d’enquête de l’ONU au territoire syrien, ce que Damas a jusqu’à maintenant refusé, et ils ont annoncé qu’ils vont débloquer une aide humanitaire d’un milliard et demi de dollars pour la Syrie et les pays voisins.


Le premier minsitre Harper fait le point après les deux jours du Sommet du G8 en Irlande du Nord

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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