Le HCR renforce son aide pour permettre aux réfugiés Maliens de voter aux élections de juillet

0
Certains réfugiés maliens, parmi les 50 000 qui sont présents au Niger, vivent ici au camp de Tabareybarey, où des équipes du Consulat du Mali ont enregistré des votants (Photo: Archives/H.Caux/HCR)
Certains réfugiés maliens, parmi les 50 000 qui sont présents au Niger, vivent ici au camp de Tabareybarey, où des équipes du Consulat du Mali ont enregistré des votants (Photo: Archives/H.Caux/HCR)

Un mois avant les élections présidentielles prévues le 28 juillet au Mali, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué, vendredi dans un texte paru sur son site, avoir renforcé son rôle dans l’aide aux pays voisins pour le processus de vote à l’extérieur du pays à destination des réfugiés maliens.

«Le HCR soutient la participation des réfugiés à ces élections, bien que la limite de notre rôle soit strictement humanitaire et apolitique. Nous fournissons aux réfugiés des informations pratiques sur leurs droits à participer à ces élections ainsi que le transport pour certains », a déclaré à ce sujet un porte-parole du HCR.

Trois pays limitrophes, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, accueillent au total 175 000 réfugiés maliens depuis le tout dernier conflit.

Les réfugiés éligibles à voter en exil sont les personnes déjà enregistrées dans le cadre du «Recensement administratif à vocation d’état civil», qui date de 2010.

Au Burkina Faso, l’agence onusienne a mené des campagnes de sensibilisation dans tous les camps de réfugiés (Goudoubo, Mentao et Sag-nioniogo), dans des installations de réfugiés spontanées (Dibissi, Tin Hedja, Deou et Gountouré Gnégné) ainsi qu’en milieu urbain où se trouvent de nombreux réfugiés (Bobo-Dioulasso, Ouagadougo et Ouahigouya).

Entre le 25 et le 28 juin, avec le soutien du HCR dans les domaines de la logistique, du transport et de la traduction, dix équipes maliennes ont été déployées par l’Ambassade du Mali», dit le HCR.

Le processus d’enregistrement est contrôlé par la CONAREF (Commission nationale pour les réfugiés au Burkina Faso).»

Ces équipes ont commencé à enregistrer les réfugiés pour le vote.

Sur 49 945 réfugiés dans les camps et les sites spontanés au Burkina Faso, 18 409 sont en âge de voter (âgés de 18 ans et au-dessus).

«Les chiffres d’enregistrement devraient être disponibles dans les prochains jours. Les noms des personnes qui se sont enregistrées seront transmis aux autorités de Bamako pour que leurs cartes électorales soient envoyées au Burkina Faso puis distribuées aux réfugiés», précise encore le HCR.

Des dispositifs similaires sont aussi en place au Niger et en Mauritanie.

Au Niger, qui accueille environ 50 000 réfugiés maliens, des équipes du Consulat du Mali ont enregistré des votants dans les camps de Mangaizé et Tabareybarey et l’enregistrement continue dans le camp d’Abala, ainsi que dans les installations de réfugiés d’Intekan et Tassalit (dans la région de Tahoua), avec le soutien logistique du HCR.

En Mauritanie, qui accueille 75 000 réfugiés maliens dans le camp de Mbéra, les préparatifs pour l’enregistrement des votants maliens sont en cours. Des consultations entre les autorités maliennes, l’Ambassade malienne à Nouakchott et le HCR continuent et le HCR assure un soutien logistique.

Ce n’est pas la première fois que le HCR s’engage dans ce genre d’opérations. Il avait déjà facilité le processus de vote à l’extérieur du pays à destination des réfugiés du Soudan du Sud en 2011, d’Iraq en 2010 et d’Afghanistan en 2004.

«Le vote se fera sur une base volontaire» a encore précisé le HCR, «et les réfugiés seront informés en conséquence.»

«Nous faisons savoir aux personnes que les données et informations à caractère personnel détenues par le HCR ne sont pas communiquées aux autorités maliennes. Nous conseillons sur les démarches à suivre si des personnes subissaient des pressions de tout individu ou partie engagée dans les élections», a indiqué un porte-parole de l’agence.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.