Le Liban déchiré par le conflit syrien, de 14 à 17 nouveaux blessés à Tripoli

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Deux quartiers de Tripoli, au Liban, s'affrontent depuis des années (Photo: Archives/WikiMediaCommons)
Deux quartiers de Tripoli, au Liban, s’affrontent depuis des années (Photo: Archives/WikiMediaCommons)

Après une brève accalmie, les heurts interconfessionnelles ont repris au Liban où au moins 14 personnes, dont un jeune garçon, selon le ministère libanais de l’Information (17 selon les agences de presse) ont été blessées dimanche dans de nouvelles violences à Tripoli, dans le nord du Liban, certains médias parlant même de morts.

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Mise à jour 03/06/13 à 11h58

Cinq hommes et une femme ont été tués en moins de 24 heures à Tripoli, capitale du Liban-nord, lors de la reprise des affrontements entre sunnites et alaouites, rapporte les services de sécurité libanais.

Dimanche soir, un civil a été tué et 21 autres ont été blessés lors dimanche soir lors des heurts entre entre le quartier à majorité sunnite de Bab el-Tabbaneh et celui alaouite de Jabal Mohsen.

Lundi, quatre hommes et une femme de Bab al-Tabbaneh ont été tués et 17 autres personnes ont été blessées par des tireurs embusqués.

«Le feu des tireurs embusqués se poursuit sur les axes des accrochages traditionnels», rapportait ce matin le correspondant de l’Agence Nationale de l’Information libanaise  à Tripoli. 

Les derniers affrontements, qui avaient duré une semaine avant de cesser le 26 mai, s’étaient soldés par 31 morts et 212 blessés.

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Des combats ont encore éclaté dimanche soir entre le quartier alaouite de Jabal Mohsen et les quartiers sunnites de’Amerkan et de Baqqar avant de se propager à d’autres d’autres quartiers de Tripoli.

De tirs de mitrailleuse et d’explosions ont été entendus dans la ville, selon la même source.

Les affrontements entre les sunnites soutenant les rebelles syriens et les alaouites soutenant le régime syrien sont devenus de plus en plus fréquents à Tripoli depuis le début du conflit en Syrie en 2011 et, le mois dernier, au moins 31 personnes ont été tuées et plus de 240 autres blessées à Tripoli dans les violences interconfessionnelles entre sunnites et chiites et entre partisans du président Assad et partisans des rebelles dans le conflit en Syrie voisine.

Les heurts avaient encore augmenté en intensité la semaine dernière, alors que l’armée syrienne lançait son offensive sur le fief rebelle de Qousseir, non loin de la frontière libanaise, avec l’aide du mouvement militant chiite libanais Hezbollah qui a envoyé des combattants sur le territoire syrien pour aider les forces syriennes à reconquérir cette ville stratégique.

Comme toujours, les violences avaient secoué tout particulièrement le quartier alaouite (une groupe chiite) de Jabal Mohsen, favorable au président syrien Bachar al- Assad, et le quartier sunnite de Bab al-Tabbaneh, soutenant les opposants au régime syrien.

En 1985 déjà, l’armée syrienne s’était heurtée à des groupes sunnites à Tripoli, bombardant certains de leurs quartiers, pendant la guerre civile au Liban.

Dimanche dernier, le 26 mai, deux roquettes Grad de 122mm visant le secteur de Chiyah, fief du Hezbollah chiite, se sont abattus dans la banlieue sud de Beyrouth, faisant quatre blessés et deux jours plus tard.

Deux jours plus tard, le 28 mai, trois citoyens libanais avaient été blessés quand sept roquettes tirées depuis la Syrie se sont abattues dans la ville libanaise à majorité musulmane chiite de Hermel , située à la frontière de la ville de Qousseir et une autre roquette est tombée dimanche matin dans un quartier résidentiel de Hermel, rapporte un correspondant de l’ANI, l’Agence nationale d’Information libanaise.

Puis, samedi 1er juin,18 roquettes et de tirs de  mortiers provenant des rebelles sunnites syriens ont frappé  un autre  bastion du Hezbollah, Baalbek, majoritairement chiite, puis, dans la nuit de samedi à dimanche un violent affrontement entre les rebelles syriens et les militants du Hezbollah, ces derniers tentant de se venger de la première attaque.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, faisait  part la semaine dernière part de son extrême préoccupation devant les risques accrus de contagion du conflit syrien au Liban, qui , avec la résurgence des violences interconfessionnelles, pourrait bien replonger dans un passé douloureux.

D’ailleurs, vendredi 31 mai,  le parlement libanais a dû  reporter de 17 mois les élections générales, initialement prévue pour juin, de 17 mois, accusant en raison de la détérioration de la sécurité dans le pays.


Refaat Eid, leader alaouite libanais, met en garde contre le débordement du conflit syrien (Vidéo: JewishNewsOne)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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