Le problème touareg au Mali: Bamako attaque et négocie

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Des soldats maliens patrouillent le 27 mai 2006 dans les rues de Kidal, au Mali(Photo:  Archives/ Kambou Sia)
Des soldats maliens patrouillent le 27 mai 2006 dans les rues de Kidal, au Mali(Photo: Archives/ Kambou Sia)

Ce n’est pas parce qu’on s’attaque qu’on ne négocie pas et ce n’est pas parce qu’on négocie qu’on ne s’attaque pas! Après avoir attaqué les rebelles à Anefis, le gouvernement malien s’apprête maintenant à négocier avec eux.

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Mise à jour, 07/06/13, 20h48

Coup de théâtre à Ouagadougou: les négociations entre les autorités maliennes et les groupes armés touareg occupant la ville de Kidal (nord-est), qui devaient s’ouvrir vendredi, ont été reportées en raison d’un blocage de dernière minute, rapporte l’AFP.

La délégation commune du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), les mouvements touareg, avait pris place dans la grande salle du palais présidentiel censée abriter les discussions, de même que nombre de diplomates (ONU, Union africaine, France, Suisse, etc.).

L’ancien ministre Tiébilé Dramé, émissaire de Bamako pour le Nord du Mali, arrivé avec plus de deux heures de retard à Ouagadougou, a aussitôt demandé à être reçu par le médiateur et lui a demandé que soient intégrés dans les négociations le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), un autre groupe armé, et la milice d’autodéfense Ganda Koy, deux groupes favorables à Bamako, réclament qu’ils participent aux discussions en tant que groupes armés du Nord, ce que refusent le MNLA et le HCUA, qui menacent quitter la table des négociations.
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Les autorités maliennes, dont l’armée a réussi il y a deux jours à déloger les rebelles d’Anefis, à une centaine de kilomètres au sud de Kidal, et les groupes armés touareg qui occupent la ville de Kidal, dans le nord-est du pays, se retrouvent effet aujourd’hui vendredi dans la capitale burkinabé, Ougadougou, pour des négociations en vue de l‘élection présidentielle de juillet.

Les négociations, qui devraient se poursuivre jusqu’à lundi, se feront sous l’égide du Médiateur dans la crise malienne au nom de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le président burkinabé Blaise Compaoré.

La délégation de Bamako est conduite par l’ancien ministre Tiébilé Dramé, conseiller spécial du président «de transition» Dioncounda Traoré pour le nord du Mali.

Le Mouvement national de libération de l’Azawad, MNLA, et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), une autre organisation touareg, font pour leur part bloc au sein d’une délégation commune.

L’enjeu est de trouver un compromis pour permettre d’organiser le premier tour de la prochaine présidentielle le 28 juillet, une élection réclamée avec insistance par les partenaires du Mali, France en tête, et qui doit se tenir sur tout le territoire malien, Kidal compris.

Mais, craignant les exactions de l’armée malienne, le MNLA et les autres groupements touareg ont refusé jusqu‘à présent la présence de l’armée et de l’administration maliennes dans la ville, exigeant plutôt la sécurisation du scrutin par la Minusma, la force de maintien de la paix des Nations-Unies.

Les mouvements touareg armés occupent Kidal, berceau de cette minorité, depuis fin janvier, après que intervention militaire française a mis en fuite les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui occupaient tout le Nord malien depuis 2012.

Environ 200 soldats français qui collaborent avec les touareg de Kidal sont stationnés à l’aéroport de la ville.

Les touareg ne veulent surtout pas voir les forces maliennes dans la ville en laquelle ils n’ont pas confiance.

Par contre, le refus par le MNLA de la présence de l’armée et de l’administration maliennes dans la ville compromettent la tenue dans tout le pays du premier tour de la présidentielle alors que les ministres européens des Affaires étrangères ont encore affirmé lundi 27 mai qu’il était essentiel que les élections prévues au Mali puissent se tenir sur l’ensemble du territoire, «y compris dans la région de Kidal et dans les camps de réfugiés».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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