Les forces afghanes prennent officiellement le contrôle de la sécurité du pays à la place de l’OTAN

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Deux "kandak" ont terminé leur entraînement et se préparent à être déployés (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Des soldats de l'Armée nationale afghane durant une cérémonie de graduation (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Des soldats de l’Armée nationale afghane durant une cérémonie de graduation (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Étape importante sur la voie du retrait occidental du pays, le président afghan Hamid Karzaï a annoncé ce mardi que les forces afghanes ont pris le contrôle de la sécurité de l’ensemble du pays  à la place de la force internationale de l’OTAN (ISAF) qui l’assurait depuis la chute du régime des talibans à la fin 2001.

Le processus de transfert d’autorité progressif, qui avait débuté en juillet 2011, s’est achevé mardi avec le passage sous contrôle afghan des derniers districts contrôlés par l’OTAN, dont la grande majorité des 100 000 soldats doit quitter le pays d’ici la fin 2014. Le Canada aura retiré toutes ses troupes d’ici au 31 mars 2014. La dernière rotation de soldats est d’ailleurs en partance en ce moment-même.

«À partir de maintenant, nos troupes courageuses auront la responsabilité de la sécurité» du pays et «mèneront désormais les opérations», s’est félicité le président Karzaï dans un discours prononcé à l’occasion de ce passage de témoin lors d’une cérémonie.

«Au fur et à mesure que vos forces avancent à travers le pays, l’effort principal de nos forces passe du combat au soutien, a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Nous allons continuer à aider les troupes afghanes dans des opérations lorsque cela sera nécessaire. Mais nous ne planifierons plus, n’exécuterons plus ou ne mèneront plus ces opérations. Et d’ici la fin de 2014, notre mission de combat sera terminée. À ce moment-ci, l’Afghanistan sera entièrement sécurisée par les Afghans.»


Discours du secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen (Vidéo: OTAN)

L’ISAF n’aura désormais plus qu’un rôle de soutien, notamment aérien en cas d’attaque sérieuse, et de formation des quelque 350 000 membres des forces de sécurité afghanes (soldats, policiers et paramilitaires). Les États-Unis, qui lui fournissent les deux tiers de ses soldats, prévoient toutefois de laisser dans le pays un contingent de soldats dont ils n’ont pas encore précisé le nombre.

Dans une vidéo postée sur YouTube, le général Joseph Dunford, commandant de l’ISAF, a félicité «le peuple afghan» pour cette nouvelle étape de franchie. «Avec l’annonce de la tranche 5, nous entrons dans la phase finale de la transition de sécurité. Il s’agit d’une cause de célébration, pas d’appréhension.»


Message du général Dunford (Vidéo: ISAF)

Le président afghan a profité de la cérémonie pour annoncer qu’il allait envoyer des émissaires au Qatar pour discuter avec les talibans et tenter de mettre fin à près de douze ans de guerre.

Un bureau officiel taliban doit en effet prochainement ouvrir à Doha, capitale du Qatar.

«Nous espérons que l’ouverture de ce bureau, immédiate ou future, permettra d’entamer dès que possible des discussions entre le Haut conseil pour la paix et les talibans», a ajouté M. Karzaï .

Le président afghan a toutefois souligné que toute discussion de paix devrait ensuite se poursuivre en Afghanistan.

Dans un communiqué envoyé par email à l’AFP, les rebelles afghans expliquent que ce bureau les aidera notamment à bâtir des relations avec le reste du monde et d’autres groupes afghans, contacter les Nations unies et d’autres agences internationales et publier des informations pour les médias.

Moins de deux heures avant la cérémonie, un kamikaze s’est fait exploser près de la maison d’un important responsable politique afghan, à Kaboul.

L’attaque visait Mohammed Mohaqiq, un leader de la minorité hazara, influent membre du parlement et allié du président Karzaï. Trois trois civils sont morts et 24 autres ont été blessés, selon la police.

Une série d’attaques récentes, dont plusieurs dans la capitale Kaboul, ont démontré la capacité des rebelles à mener des attaques dans les endroits censés être plus plus sécurisés, même s’ils n’ont pas la capacité de prendre militairement la capitale, quadrillée par les forces locales et de l’OTAN.