Manifestations en Turquie: le gouvernement menace de faire intervenir l’armée

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Le vice-Premier ministre turc Bulent Arinç, le 4 juin 2013 à Ankara (Photo: Archives/AFP)
Le vice-Premier ministre turc Bulent Arinç, le 4 juin 2013 à Ankara (Photo: Archives/AFP)

Le gouvernement turc a menacé lundi par la voix de son vice premier ministre Bülent Arınç de recourir à l’armée pour mater la contestation antigouvernementale qui agite le pays depuis plus de deux semaines, alors que deux puissants syndicats ont appelé à la grève générale pour soutenir les manifestants, rapporte lundi le quotidien turc Hurryet.

Le vice-premier ministre turc, qui a apporté un soutien presque inconditionnel à la police, tout en affirmant que les manifestations étaient pour la plupart terminés, a prévenu que toute manifestation serait maintenant réprimée par la police et que, si la police ne suffisait pas, les Forces armées turques pourraient prendre le relais.

Il serait pour le moins ironique que le gouvernement de Recep Erdogan fasse appel à l’armée.

Héritière de Kemal Attaturk et gardienne de la Turquie laïque, l’armée turque est longtemps intervenue dans la vie politique, mais le gouvernement islamiste Erdogan est plus ou moins parvenue à la mettre au pas à coups de purges et de procès qui ont décimé sa hiérarchie.

Et maintenant, il voudrait faire appel à elle pour rétablir l’ordre…

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Muammer Güler, a déclaré pour que l’armée n’avait pas encore été appelée mettre fin aux 20 jours de manifestations dans les rues.

«Je n’ai pas demandé de soutien à l’armée de soutien», a dit le ministre de l’Intérieur en réponse à une question sur l’appui des forces de gendarmerie à la police pendant les manifestations.

Techniquement, en Turquie, la gendarmerie est placée sous la juridiction du ministère de l’Intérieur, à la différence du reste des forces militaires.

Güler a également déclaré que l’appui de la gendarmerie dans ces cas était «tout à fait normal.»

Pendant ce temps, la Confédération syndicale des ouvriers révolutionnaires (DISK) et de la Confédération syndicale des salariés du secteur public (KESK) ont lancé un appel à la grève et prévu de faire descendre leurs militants dans les rues, un mouvement jugé illégal par Ankara.

Ce qui avait commencé comme un mouvement de protestation contre la destruction d’un parc est devenue finalement un véritable mouvement de contestsation contre le régime religieux autoritaire et consevateur de Recep Tayip Erdogan.


La grève générale en Turquie jugée illégale, Ankara menace (Vidéo: Euronews)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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