Pakistan : 23 morts dans deux attentats à Quetta

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Des soldats pakistanais dans une rue de Quetta, le 17 février 2013 (Photo: Archives/Banaras Khan/AFP)
Des soldats pakistanais dans une rue de Quetta, le 17 février 2013 (Photo: Archives/Banaras Khan/AFP)

Au moins vingt-trois personnes ont été tuées et une quarantaine blessées samedi dans deux attentats à la bombe suivis de combats qui se poursuivaient dans l’après-midi à Quetta, une région du sud-ouest du Pakistan où les rebelles islamistes sunnites sont très actifs, selon un nouveau bilan des autorités locales.

Douze étudiantes de la ville ont été tuées et une vingtaine blessées dans un premier attentat contre l’autocar qui les transportait, puis onze personnes sont mortes dans un second commis peu après à l’hôpital qui accueillait les victimes de la première explosion, ont dit les mêmes sources.

Quetta est la capitale du Baloutchistan, région instable frontalière à la fois de l’Iran et de l’Afghanistan et bastion de nombreux groupes criminels et rebelles islamistes ou indépendantistes.

Les deux attentats de samedi n’ont pas été revendiqués pour le moment, mais cette ville a été frappée plusieurs fois cette année par des attentats sanglants contre la minorité chiite, de plus en plus visée ces dernières années, revendiqués par le Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), un groupe armé sunnite qui considère les chiites comme des hérétiques de l’islam.

La première bombe «avait été dissimulée dans un car» réservé aux femmes étudiant dans une université de la ville, a déclaré à l’AFP Zubair Mahmood, le chef de la police de Quetta.

L’engin a explosé au moment où le car quittait l’université. «Les personnes tuées sont toutes des étudiantes», a précisé l’officier. «Nous enquêtons pour savoir si la bombe était ou non commandée à distance», a-t-il ajouté.

Nombre d’étudiantes parmi les blessés sont dans un état critique, grièvement brûlées dans l’incendie qui a ravagé le véhicule après l’explosion, a précisé Fayyaz Sumbal, un autre officier de la police locale.

Une deuxième explosion, accompagnée de coups de feu, s’est produite plus tard au service des urgences du Bolan Medical Complex, le principal hôpital de Quetta, au moment même où les femmes blessées dans le premier attentat à l’université y étaient admises, a annoncé la police, sans autres précisions, notamment sur l’identité des assaillants.

Ce second attentat a fait au moins 11 morts et 17 blessés, a annoncé un porte-parole de la force paramilitaire des Frontier Corps.

Il a eu lieu au moment où de nombreux parents et amis des victimes du premier attentat étaient massés à l’hôpital, où étaient également présents des responsables de la police et du gouvernement.

L’hôpital a été au même moment pris d’assaut pas un nombre inconnu de personnes, qui ont ouvert le feu. «Les tirs se poursuivent et nous essayons d’y voir plus clair. Les assaillants se trouvent dans différents services de l’hôpital et ont peut-être pris des otages», a ajouté le porte-parole des Frontier Corps.

Au moins un fonctionnaire a été tué et un deuxième responsable officiel a été blessé dans les tirs, d’après la télévision publique.

La panique s’est emparée de la foule, qui a couru se mettre à l’abri, a-t-on pu voir à la télévision.

On ignorait les mobiles de ces deux attaques, qui n’ont pas encore été revendiquées.

Plus de 6 000 personnes ont péri en six ans dans tout le Pakistan dans une vague d’attentats -suicide pour la plupart- commis par les talibans alliés à Al-Qaïda ou par des groupes liés à ces insurgés islamistes. Ils reprochent à Islamabad son alliance avec les Etats-Unis dans leur «guerre contre le terrorisme» depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

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