Pêche aux morceaux de missile dans le Finistère

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Lancement d'un missile intercontinental français M51 de nouvelle génération, d'une portée de 8 000 km, d'une hauteur de 12 mètres et d'un poids maximal de 56 tonnes avec ses six têtes nucléaires (Photo: Archives/Défernse/gouv.fr)
Lancement d’un missile intercontinental français M51 de nouvelle génération, d’une portée de 8 000 km, d’une hauteur de 12 mètres et d’un poids maximal de 56 tonnes avec ses six têtes nucléaires (Photo: Archives/Défense.gouv.fr)

Après avoir été interdits de pêcher dans une large zone depuis 1er mai dernier, dans la perspective du tir d’un missile M51 par «Le Vigilant», un sous-marin nucléaire lanceur français, les pêcheurs de la pointe sud du Finistère peuvent maintenant reprendre la mer pour pêcher…les morceaux du missile lancé par le sous-marin.

Le 5 mai dernier, en effet le missile a été détruit peu après son décollage, au-dessus de l’océan, dans une zone interdite pour la circonstance, heureusement, à la navigation maritime et à la circulation aérienne.

Cet essai, bien sûr, avait été effectué sans charge nucléaire.

Lettre de la Préfecture maritime au comité départementale des pêches (source: CDPMEM/Finistère)

La marine nationale française et la Direction générale de l’armement (DGA) ont donc décidé de mettre les pêcheurs à contribution et la préfecture maritime de l’Atlantique a fait parvenir un courrier le 28 mai au comité départemental des pêches du Finistère pour expliquer la procédure concernant la récupération de fragments du missile par les navires de pêche.

Le courrier rappelle tout d’abord que « les zones initialement interdites à la navigation et aux activités maritimes seront libérées en fonction de la progression des activités » [de la Marine nationale et de la DGA, s’entend].

Dans le cas de remontée d’éléments susceptibles de provenir du missile M51 dans les engins de pêche, précise-t-on, les pêcheurs doivent «mettre si possible les objets dans un récipient plein d’eau», puis «prévenir par VHF le sémaphore et/ou le bâtiment militaire présent sur zone.»

«Si cet objet, après la récupération par les services de l’état, est reconnu comme un élément constitutif du missile M51, une prime de signalement ou de récupération sera attribuée.», ajoute le texte.

Si les conditions le permettent, le transfert des «éléments récupérés se fera en mer, sinon, lorsque le navire rentrera au port.

On voit ça d’ici: «Belle pêche! Beau morceau que vous avez là! Il frétille encore!»


L’explosion du missile M51 dans la baie d’Audierne (Finistère) le 5 mai dernier… en musique (Vidéo et musique: musique 93)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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