RDC: lutte sans trêve entre les combattants rebelles et la MONUSCO

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Les collines fertiles du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu (Photo: Lisa Clifford/IRIN)
Les collines fertiles du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu (Photo: Archives/Lisa Clifford/IRIN)

En République démocratique du Congo (RDC), la lutte se poursuit sans trêve entre les groupes rebelles et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO).

Le Nord-Kivu, en RDC (Source: Wikipédia)

La poursuite des attaques contre des civils dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, par des combattants Maï-Maï sous le commandement de Ntabo Ntaberi Sheka, demeure une préoccupation constante de la MONUSCO, annonçait cette dernière jeudi dans un communiqué, alors qu’au Nord du Katanga, la résurgence des activités de différents groupes Maï-Maï encore actifs dans cette partie du pays rend la situation sécuritaire volatile et imprévisible.

Les Maï-Maï Sheka, constituent un groupe de miliciens basé au Congo qui opère à partir de bases dans le territoire de Walikale, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Depuis 2010, ils sont accusés de graves violations des droits de l’homme, dont des meurtres, des actes de violences sexuelles, des enlèvements de civils et des pillages commis dans le territoire de Walikale.

Déjà, le 6 juin 2013, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et Chef de la MONUSCO, Roger Meece, informait que de nouvelles violations graves des Droits de l’homme et du Droit international humanitaire avaient été commises à Pinga et ses environs lors des combats entre les combattants Maï-Maï Sheka et les combattants de l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS).

Au cours de ces affrontements, des exécutions extrajudiciaires ainsi que d’autres violations graves des droits de l’homme ont été commises contre les populations civiles, dont des enfants, principalement par des combattants des Maï Maï Sheka, indiquait alors le communiqué de la Monusco

La MONUSCO réaffirme maintenant sa détermination à soutenir les efforts du Gouvernement pour neutraliser les auteurs de ces actes criminels et les traduire en justice et rappelle que Ntabo Ntaberi Sheka, le commandant en chef de la branche politique des Maï-Maï Sheka, figure sur la liste des individus visés par le Comité des sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies et qu’il est aussi recherché par les autorités judiciaires congolaises pour des crimes contre l’humanité et des actes de violences sexuelles.

La MONUSCO indique donc dans son communiqué du 27 juin qu’elle «ne ménagera aucun effort pour que toutes les personnes qui soutiennent ou collaborent avec Ntabo Ntaberi Sheka et ses combattants ainsi qu’avec n’importe quel autre groupe armé soient arrêtées et poursuivies en justice et répondent de leurs actes conformément aux normes du droit international humanitaire et des droits de l’homme».

Déploiement des forces spéciales égyptiennes au Katanga

Le Katanga, en RDC (Source: Wikipédia)

Par ailleurs, les forces égyptiennes viendront renforcer le contingent béninois déjà sur place pour assurer la protection de la population civile en proie à l’insécurité créée par les Bakata-Katanga a annoncé aussi cette semaine le porte-parole militaire de la MONUSCO, le colonel Felix Basse, rapporte Radio-Okapi.

«Au Nord du Katanga, a indiqué le porte-parole militaire de la Monusco, suite à la résurgence des activités de différents groupes Maï-Maï encore actifs dans cette partie du pays, la situation sécuritaire peut être jugée volatile voire imprévisible ».

Le colonel a aussi rappelé l’attaque, repoussée par l’armée gouvernementale et la police nationale congolaise, de la prison de Kasapa à Lubumbashi par des miliciens Bakata Katanga «dans le but de libérer un capitaine des FARDC et ses complices arrêtés le mois dernier pour tentative de vol des munitions ».

Les Bakata Katanga ont mutilé, violé, pillé, incendié des villages. On compte environ 400 000 déplacés. Cette année, la campagne agricole a été hypothéquée, des milliers d’enfants ne vont plus à l’école, des hommes, des femmes et des enfants meurent sans soins médicaux. Ce bilan n’honore aucun fils du Katanga», a déclaré le colonel Basase en conférence de presse à Kinshassa.

Abdallah Wafy, du Niger, Chef adjoint de la mission de l’ONU en RDC

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a aussi annoncé cette semaine la nomination de Abdallah Wafy, du Niger, comme son Représentant spécial adjoint pour la République démocratique du Congo (RDC), où il sera à la tête de la composante « état de droit » de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).

Avant de rejoindre la MONUSCO en tant que Commissaire de police, en 2010, M. Wafy a occupé plusieurs postes à responsabilités au sein du Gouvernement du Niger, dont Conseiller principal pour la sécurité au Ministère de l’Intérieur, de la Sûreté publique et de la décentralisation; Inspecteur général de police; Conseiller spécial pour la sécurité du Président, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Niger et Représentant permanent de la Communauté des États sahélo-sahariens à Tripoli, en Libye.

M. Wafy a également travaillé à la police civile de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) de 2006 à 2007 et comme Chef adjoint de la composante «police» de la Mission de l’ONU en RDC (MONUC), en 2009.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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