Syrie: un double attentat en plein centre de Damas fait 14 morts

0
Photo fournie par l'agence officielle syrienne SANA de l'attentat commis le 11 juin 2013 à Damas (Photo: Sana/AFP)
Photo fournie par l’agence officielle syrienne SANA de l’attentat commis le 11 juin 2013 à Damas (Photo: Sana/AFP)

Un double attentat a visé mardi un commissariat au coeur de Damas faisant au moins 14 morts au moment où les forces gouvernementales lançaient des attaques contre les rebelles à Alep, deuxième ville du pays, que les autorités veulent reconquérir.

Amoindris par les récentes défaites sur le terrain, les rebelles doivent désormais se tourner vers Washington, qui examine une éventuelle aide à l’opposition syrienne.

Après quelques semaines de répit à Damas, une double attaque a visé dans la matinée un poste de police sur la place Marjeh, faisant, selon un bilan provisoire de la chaîne officielle Al-Ikhbariya, 14 morts et 31 blessés.

La télévision a montré des images de magasins éventrés, et de débris de verre jonchant le sol taché de sang dans ce quartier commerçant de la capitale.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a avancé un bilan de 15 morts, pour la plupart des policiers. «Un homme s’est fait exploser dans le poste de police, une deuxième explosion s’est produite à l’extérieur», selon cette ONG basée en Grande-Bretagne.

« Que Dieu se venge de tous ceux qui sont en train de ruiner le pays », a lancé un témoin à la chaîne syrienne, déplorant «la mort d’innocents».

Parallèlement, les troupes du régime ont lancé des attaques contre des positions rebelles dans le nord de la province d’Alep (nord) et s’apprêtent à lancer une offensive majeure pour reprendre la région.

Selon l’OSDH, les forces gouvernementales ont bombardé des secteurs de l’aéroport militaire de Mennegh que les rebelles ont en partie conquis lundi, en prenant position dans la tour radar.

«Les rebelles contrôlent toujours d’importantes parties» de la base militaire de Mennegh, a précisé l’OSDH.

Roquettes

«Il est probable que la bataille d’Alep commence soit dans les heures, soit dans les jours qui viennent», avait déclaré dimanche à l’AFP un responsable des services syriens de sécurité.

Les rebelles avaient lancé la bataille d’Alep il y a près d’un an et depuis, des combats et des bombardements quotidiens secouent la ville, ex-capitale économique de Syrie.

«Avec le début des opérations de l’armée sur plus d’un axe (à Alep) et sa progression remarquable, le moral des hommes armés et de leurs chefs est au plus bas. Leur but désormais est de se rendre en Turquie», base arrière de la rébellion, affirmait mardi le quotidien Al-Watan, proche du régime.

«L’objectif du régime est d’attaquer les régions rurales à l’ouest et au nord d’Alep pour couper l’approvisionnement des rebelles dans cette région», explique Mohamed al-Khatib, un militant d’Alep avec qui l’AFP a pu parler via internet.

Ces opérations surviennent près d’une semaine après la chute de l’ex-bastion rebelle de Qousseir (centre-ouest), ville stratégique reprise par l’armée avec l’appui de combattants du Hezbollah chiite libanais.

Par ailleurs, sept roquettes tirées depuis la Syrie ont atteint la ville libanaise de Hermel, un des bastions du Hezbollah, sans faire de victime, selon une source de la Sécurité.

Cette attaque est la dernière d’une série de tirs qui ont touché l’est du Liban, frontalier de la Syrie, depuis l’implication officielle de combattants du Hezbollah dans le conflit syrien.

Le président américain Barack Obama a demandé à son «équipe de sécurité nationale» « d’examiner toutes les options possibles qui nous permettraient de remplir nos objectifs pour aider l’opposition syrienne », a expliqué à l’AFP la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

M. Obama est sous pression depuis des mois pour armer la rébellion syrienne. Il s’en est jusqu’à présent tenu à une aide non létale de 250 millions de dollars.

A Vienne, le ministère autrichien de la Défense a annoncé que les premiers casques bleus autrichiens quitteraient le plateau du Golan mercredi, confirmant la décision controversée du pays de se retirer de cette zone.

L’Autriche avait annoncé le 6 juin son intention de se retirer du plateau du Golan, une zone contact entre la Syrie et Israël, en raison de l’extension du conflit syrien qui mettait selon elle en danger la sécurité de ses troupes.


Syrie: double attentat suicide dans le centre de Damas (Vidéo: AFP)

Les commentaires sont fermés.