Turquie: le suspect nº1 de l’attentat de Reyhanli arrêté

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Le site de l'attentat où a explosé une bombe le 11 mai 2013 à Reyhanli (Photo: Ihlas News Agency/AFP)
Le site de l’attentat où a explosé une bombe le 11 mai 2013 à Reyhanli (Photo: Archives/Ihlas News Agency/AFP)

Le principal suspect du double attentat de Reyhanli, ville turque à la frontière syrienne, a été arrêté, rapportent les autorités turques ce mardi.

«Le lundi 10 juin vers 23h00, un individu dont les initiales sont N.E., considéré comme le principal auteur des attentats (…), a été pris près de la frontière dans le district de Yayladagi», a déclaré le gouverneur de la province d’Hatay, où se situe le district susmentionné.

Au lendemain de l’attentat du 11 mai, qui avait fait 51 morts, neufs personnes avaient été arrêtées. La Turquie avait imputé la responsabilité de ce double attentat à la Syrie, déclarant que celle-ci tentait de plonger le pays dans un «scénario catastrophe».

Le vice-premier ministre turc, Besir Atalay avait annoncé que les neuf personnes arrêtées, toutes de nationalité turque, appartenaient à «une organisation terroriste en contact avec les services de renseignement syrien», et avait ajouté que certaines avaient fait des «aveux».

La Turquie, qui soutient les opposants au régime syrien, accueille 400 000 réfugiés syriens.

Le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu avait déclaré pour sa part à la chaîne de télévision turque TRT que l’ «attentat n’a rien à voir avec les réfugiés syriens présents en Turquie, il a tout à voir avec le régime syrien». Des réfugiés syriens avaient été pris à partie à Reyhanli après le double attentat.

Dans un entretien au quotidien turc Hürriyet du 8 mai, Ahmet Davutoglu avait aussi accusé le régime de Bachar Al-Assad d’être passé au «plan B» dans sa lutte contre les insurgés en mettant en œuvre son plan d’«épuration ethnique» de certaines régions de la Syrie.

La Syrie, quant à elle, a rejeté toute responsabilité au lendemain des attentats. Le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, avait affirmé que «la Syrie n’a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas». Il avait, par la suite, renvoyé la responsabilité du double attentat au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, soulevant le fait que les attentats avaient eu lieu quelques jours avant la rencontre entre Erdogan et le président américain Barack Obama, se demandant si le but n’était pas d’«inciter les États-Unis (à une intervention en Syrie) en lui disant que son pays est attaqué?».

Washington n’a toujours pas décidé de l’opportunité de fournir des armes aux rebelles syriens. Après les révélations de l’utilisation de gaz sarin sur le front syrien, les États-Unis souhaitent réunir toujours plus de preuves pour guider leur décision. Celle-ci devrait être prise dans le courant de la semaine, selon un responsable américain souhaitant garder l’anonymat.

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Étudiante en journalisme à l’Université de Montréal, Sara s’intéresse aux questions de géopolitique.

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