Washington ne va pas intercepter l’avion de Snowden s’il s’envole de Moscou

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Capture d'écran d'Edward Snowden du 6 juin 2013 lors de son interview au quotidien britannique The Guardian (Photo: capture/The Guardian)
Capture d’écran d’Edward Snowden du 6 juin 2013 lors de son interview au quotidien britannique The Guardian (Photo: capture/The Guardian)

Après des rumeurs selon lesquelles Washington pourrait ordonner d’intercepter de l’avion d’Edward Snowden, recherché par les États-Unis pour espionnage, lors de son passage dans l’espace aérien américain, le président américain Barack Obama a déclaré depuis Dakar, où il est en visite, ne pas avoir l’intention d’intercepter l’avion d’Edward Snowden, si celui-ci devait finalement s’envoler de l’aéroport de Moscou où il se trouve depuis dimanche.

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Mise à jour 27/06/13 à 17h31

Pendant qu’Obama tente de calmer le jeu, l’Équateur, dont on avait cru un temps qu’elle hésitait à mettre à exécution son projet d’accorder l’asile à Edwaerd Snowden, a finalement haussé le ton jeudi face aux États-Unis en renonçant à un accord douanier qualifié par Quito «d’instrument de chantage».

Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, qui semblait le 23 juin plutôt favorable à la demande d’asile, avait paru par la suite plus circonspect et avait indiqué mercredi que l’examen de cette demande pourrait prendre un jour ou des mois, après que le département d’État américain eut «envoyé un message» au gouvernement équatorien, dont la teneur n’avait pas été révélée.

Il semblerait donc maintenant, sans que l’on puisse en avoir la certitude, qu’il s’agissait d’une sorte de «chantage économique».

La présidence équatorienne a déclaré que des «pressions explicites et implicites» avaient été exercées par les Américain relativement à l’«examen de la demande d’asile d’Edward Snowden», ainsi que sur «l’asile accordé à Julian Assange», le fondateur du site WikiLeaks, réfugié depuis un an à l’ambassade d’Equateur à Londres.

Dans une déclaration aux allures martiales, le gouvernement de Quito a donc renoncé «de manière unilatérale et irrévocable» à cet accord qui octroyait des tarifs préférentiels en contrepartie de ses efforts pour lutter contre le trafic de drogue, affirmant n’accepter «ni des pressions ni des menaces de personne».

«L’Equateur ne marchande pas avec les principes, il ne les soumet pas à des intérêts mercantiles, aussi importants qu’ils soient», a déclaré avec emphase le ministre de la Communication Fernando Alvarado, à l’instar de son président Rafael Correa.

La présidence équatorienne a souligné touefois, toujours sur son compte Twitter où les cinq derniers tweets de ce jour parlent tous de l’affaire Snowden, n’avoir pas encore décidé d’autoriser le transfert sur son territoire du jeune informaticien, déclarant qu’elle poursuivra l’analyse de la demande d’asile.

Par contre, le président Correa a précisé, qu’il ne pouvait «pas instruire» la demande d’asile de l’ancien collaborateur de l’Agence nationale de sécurité américaine(NSA) tant que ce dernier se trouvait en dehors de son territoire.

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«Je ne vais pas envoyer des avions pour attraper un pirate informatique de 29 ans», a déclaré jeudi le président américain, lors d’une visite à Dakar (faisant une erreur sur l’âge de M. Snowden qui a eu 30 ans la semaine dernière).

Barack Obama a également précisé ne pas avoir appelé ses homologues chinois et russe à propos de M. Snowden, parce que, dit-il il «ne devrait avoir besoin de le faire», cette affaire étant, selon lui, une affaire «comme celles que gèrent régulièrement les autorités légales de divers pays ».

Edward Snowden quant à lui semblait jeudi devoir s’installer pour plus longtemps que prévu dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo de Moscou où il se trouve depuis son arrivée à Moscou dimanche.

«Snowden laisse partir un nouveau vol pour Cuba», a annoncé la télévision publique russe, après le départ jeudi d’un nouveau vol pour La Havanne.

Des personnes à l’entrée de l’hôtel de la zone de transit de l’aéroport de Moscou, le 26 juin 2013 (Photo: Kirill Kudryavtsev/AFP)

L’ex-consultant de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine était censé partir à Cuba pour rejoindre ensuite l’Equateur qui semblait disposé à lui accorder l’asile politique.

L’Équateur avait accordé en 2012 l’asile au fondateur de Wikileaks Julian Assange qui vit depuis réfugié dans l’ambassade équatorienne à Londres.

Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, qui semblait le 23 juin plutôt favorable à la demande d’asile, semble maintenant plus circonspect dans le cas de Snowden et a indiqué mercredi que l’examen de cette demande pourrait prendre un jour ou des mois, après que le département d’État américain a «envoyé un message» au gouvernement équatorien, dont la teneur n’a pas été révélée.

Le séjour dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou-Cheremetievo est limité en princiope à 24 heures, mais la loi russe permet d’octroyer un visa de transit de dix jours, renouvelable, à toute personne n’étant pas en mesure de quitter la Russie en raison de «circonstances exceptionnelles».

Vladimir Poutine avait confirmé mardi qu’Edward Snowden était toujours en zone de transit à l’aéroport de Moscou, et avait exclu clairement que la Russie l’extrade aux États-Unis. La Russie a de plus répété mercredi par la voix d’Alexeï Pouchkov, le chef de la commission des Affaires étrangères à la Douma (chambre basse du Parlement russe), qu’aucune «menace» américaine ne la contraindrait à livrer Edward Snowden.

Et aujourd’hui, jeudi, le ministre des Affaires étrangères russe, Segueï Lavrov a renchéri en déclarant que Snowden «a le droit de partir où il veut, dans n’importe quelle direction […]. Nous n’avons rien à lui reprocher du point de vue juridique».

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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