200 civils kurdes pris en otages par des djihadistes dans le nord-est de la Syrie

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Des combattants du groupe jihadiste Al-Nosra, le 4 avril 2013 près d'Alep (Photo: Archives/Guillaume Briquet/AFP)
Des combattants du groupe jihadiste Al-Nosra, le 4 avril 2013 près d’Alep (Photo: Archives/Guillaume Briquet/AFP)

Des groupes djihadistes liés au réseau Al-Qaïda ont pris en otages environ 200 civils kurdes après de violents combats avec des combattants kurdes dans deux villages du nord-est de la Syrie,  rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un organisme indépendant qui s’appuie sur un vaste réseau de militants, médecins et travailleurs sur le terrain.

Toujours selon l’OSDH, «les combattants du front Al-Nosra et de l’Émirat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont pris le contrôle du village de Tall Aren dans la province d’Alep et assiègent un autre village proche, Tall Hassel où ils retiennent en otages environ 200 civils parmi les habitants des deux villages».

Les djihadistes ont emmené ces civils dans un lieu non précisé et, au moment d’écrire ces lignes, on ignore toujours les intentions des assaillants à leur égard et leurs exigences pour les libérer.

Les combats dans les deux villages kurdes ont éclaté dimanche à l’aube après l’appel d’un des chefs de l’EIIL à aller affronter la brigade kurde relevant de l’Armée syrienne libre (ASL), la principale composante de la rébellion.

Les djihadistes ont alors lancé un assaut contre le siège d’un bataillon de cette brigade à Tall Hassel tuant son chef.

L’assaut a provoqué de violents combats entre kurdes et jihadistes dans les deux villages qui ont coûté la vie jusqu’à mercredi à 16 kurdes dont 11 combattants et à 10 jihadistes dont un dirigeant d’Al-Nosra, rapporte encore l’OSDH.

Depuis deux semaines, de violents combats opposent dans le nord et le nord-est syrien les djihadistes aux combattants kurdes qui ont réussi à chasser les islamistes de plusieurs secteurs, le plus important étant la localité de Ras al-Aïn, à la frontière turque.

Dans le nord du pays, où l’armée perd du terrain, des combats ont éclaté à la périphérie de Khan al-Assal, localité près d’Alep capturée par les insurgés et que le régime tente de reprendre.

Khan al-Assal est cette localité qui est au coeur des accusations d’avoir utilisé en mars des armes chimiques que se lancent mutuellement l’opposition et le régime de Damas.

En revanche, le régime de Bachar Al-Assad étend de plus en plus son contrôle sur la la zone qui va de Damas au littoral syrien, notamment à Homs (centre), troisième ville de Syrie. où ses troupes, appuyées par le Hezbollah chiite libanais, ont repris lundi le quartier clé de Khaldiyé après un mois de violents bombardements aériens qui ont laissé le secteur en ruines et où l’armée bombarde maintenant la Vieille ville, dernier bastion rebelle dans cette ville stratégiquement située.

Les combats n’ont pas cessé pour autant à Damas où six employés ont été tués et 19 autres ont été blessés lorsqu’un obus de mortier «tiré par des terroristes (rebelles)» a touché le bus qui les transportait vers ce centre à Barzé, rapporte pour sa part l’agence officielle SANA.

Dans la province de Damas, deux notables syriens qui faisaient office de médiateurs entre loyalistes et insurgés ont été assassinés à Zabadani, selon Sana et l’OSDH.

Avec les Kurdes qui tentent de gagner plus d’autonomie au Nord-Est, les rebelles qui s’affirment au Nord et le régime Al-Assad qui affirme de plus en plus son contrôle sur la zone qui s’étend de Damas jusqu’au littoral et au pays alaouite, la Syrie se fractionne.


Des combattants kurdes ont capturé un char d’assaut du Front djuhadiste Al-Nousra (Vidéo: Middle-East)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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