Arctique: la Corée du Sud veut lancer un nouveau brise-glace pour étendre sa présence

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La Corée du Sud envisage de construire un deuxième brise-glace pour l'Arctique (Photo: Archives/Wikimedia Commons)
La Corée du Sud envisage de construire un deuxième brise-glace pour l’Arctique (Photo: Archives/Wikimedia Commons)

Après avoir obtenu le statut d’observateur du Conseil de l’Arctique au mois de mai, la Corée du Sud a dévoilé, ce jeudi, l’ensemble de sa stratégie concernant le renforcement de sa présence dans la région. Une nouvelle preuve de l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour les eaux de l’Arctique.

La Corée du Sud veut jouer un rôle au cœur de l’Arctique. À l’instar de nombreux pays, Séoul semble avoir pris conscience des intérêts commerciaux et diplomatiques que revêt la région. Pour ce faire, les autorités sud-coréennes entendent miser sur la coopération pour mener à bien leur stratégie d’expansion dans l’Arctique.

«Contrairement à la région de l’Antarctique, les droits exclusifs des pays voisins sont généralement reconnus en Arctique, et c’est la raison pour laquelle la coopération avec les pays situés le long de la côte de la région arctique est le plus important», a déclaré Yoon Jin-sook, ministre sud-coréen des Océans et de la Pêche.

La Corée du Sud a d’ores et déjà signé un protocole d’entente pour une exploration conjointe des ressources naturelles avec le Groënland. «Le pays cherchera à signer des protocoles d’entente sur le développement conjoint des ressources naturelles avec les autres pays voisins», a expliqué le ministère.

Le gouvernement sud-coréen a, pour sa part, assuré qu’il était en train de chercher à signer un protocole d’entente avec la Russie pour la coopération sur le développement conjoint d’un port dans l’océan Arctique.

La Corée du Sud désormais membre observateur du Conseil de l’Arctique

Cette volonté de renforcer la présence nationale dans la région s’inscrit dans la droite lignée de la stratégie menée par Séoul depuis plusieurs mois. Ainsi, le pays est devenu membre observateur du Conseil de l’Arctique, principal instance diplomatique de la région, en mai dernier.

Ce fut également le cas pour la Chine, l’Inde, l’Italie, le Japon, Singapour et l’Union européenne, cette dernière étant néanmoins soumis à quelques réserves. Dans le même temps, le Canada a pris la présidence du Conseil, lors de la réunion organisée du côté de Kiruna, en Suède.

Fondée en 1996, en grande partie à l’initiative du Canada, le Conseil est un forum intergouvernemental réunissant les huit États Arctique (Finlande, Suède, Norvège, Islande, Danemark, Russie, États-Unis, Canada) ainsi que six communautés autochtones comme membres permanents. 32 autres pays ou ONG ont, pour leur part, le statut de membre observateur.

Au fil des années, le Conseil est devenu l’instance de référence, que ce soit pour les pays voisins ou le reste de la communauté internationale. Son rôle se retrouve décuplé avec la fonte effrénée des glaces du Nord, amenant les scientifiques à évoquer l’ouverture de nouvelles routes maritimes dans les prochaines années et décennies.

Des opportunités commerciales non négligeables

Le ministre sud-coréen des Océans a souligné que déjà 82% des zones et eaux en Arctique sont détenues par les pays voisins, dont la Russie et les Etats-Unis, et les 18% restants sont reconnus comme des eaux internationales. Une véritable aubaine pour les acteurs économiques internationaux.

D’autant plus que la région accueille 30% du gaz naturel non identifié et environ 30% du pétrole, selon les autorités sud-coréennes. D’après les chercheurs américains, les mers de l’océan Arctique abritent 13% des réserves mondiales non découvertes de pétrole et 30% des réserves de gaz.

Pour surveiller le changement climatique et son impact dans le monde et la péninsule coréenne, le pays souhaite étendre le volume et les activités de ses équipements de recherche arctique, Dasan Station, situé à Ny-Ålesund, localité de l’île du Spitzberg, dans l’archipel du Svalbard, en Norvège.

Le ministère sud-coréen a également évoqué la construction éventuelle d’un deuxième brise-glace. Le premier, baptisé Araon, a été lancé en 2010. Se développer pour se protéger, la Corée du Sud veut passer à la vitesse supérieure pour concrétiser ses ambitions de grandeur.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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