Armes chimiques: entente ONU-Syrie pour inspecter trois sites, dont Khan al-Assal et Homs

1
Un rebelle syrien enfile un masque à gaz, le 18 juillet 2013 à Idleb, dans le nord-ouest du pays (Photo: Archives/Daniel Leal-Olivas/AFP)
Un rebelle syrien enfile un masque à gaz, le 18 juillet 2013 à Idleb, dans le nord-ouest du pays (Photo: Archives/Daniel Leal-Olivas/AFP)

Le gouvernement syrien a donné son accord pour que des enquêteurs des Nations-Unies se rendent sur trois sites, dont Khan al-Assal, pour enquêter sur l’utilisation d’armes chimiques dans les combats entre les forces du régime de Damas et les rebelles.

Le bureau du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon vient de publier à ce propos aujourd’hui un communiqué intitulé «Le porte-parole fait le point sur la Syrie».

«Le Haut Représentant pour les affaires de désarmement a informé le Secrétaire général de l’issue des discussions tenues la semaine dernière avec le gouvernement de la Syrie sur les modalités de coopération nécessaires à la bonne conduite, sûre et efficace de la mission d’enquête sur les allégations concernant l’utilisation d’armes chimiques armes dans la République arabe syrienne.

Sur la base des informations évaluées par la Mission à ce jour et suite à l’accord conclu avec le gouvernement de la Syrie, la mission se rendra en Syrie dès que possible pour étudier simultanément trois des incidents signalés, y compris à Khan al-Assal.

Le Secrétaire général reste conscient des autres incidents signalés et la Mission continuera également à demander des éclaircissements à l’État membre concerné.»

La commission d’enquête internationale dirigée par le Suédois Ake Sellström avait été instituée à la demande du gouvernement syrien après l’explosion d’un obus chimique dans les environs d’Alep le 19 mars dernier.

Le gouvernement syrien et l’opposition s’accusent mutuellement de recourir à l’arme chimique dans la guerre civile qui ravage actuellement le pays.

La commission d’enquête n’avait pu encore commencer ses travaux, Damas et l’ONU ne s’entendant pas sur la teneur et l’ampleur de l’enquête.

Le régime syrien insistait pour que les enquêteurs onusiens se concentrent sur l’incident attribué par Damas à l’opposition syrienne et survenu en mars dernier à Khan al-Assal, près d’Alep (nord), mais n’enquêtent pas sur les accusations similaires portées contre l’armée syrienne par Londres et Paris à propos des incidents à Khan al-Assal ainsi qu’à Homs, le 23 décembre 2012.

La Haute représentante des Nations-Unies pour les Affaires de désarmement, Angela Kane, et le chef de la mission des Nations Unies chargée d’enquêter sur les allégations d’usage d’armes chimiques en Syrie, Ake Sellstrom, qui étaient arrivés la semaine dernière à Damas pour une mission de deux jours pour tenter de s’entendre sur les modalités et l’ampleur de l’enquête.

Samedi dernier, les Nations unies et le gouvernement de Damas avaient présenté comme «constructives» leurs discussions sur ce dossier.

Après une rencontre avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, un communiqué commun avait indiqué que « Les discussions approfondies et fécondes ont abouti à un accord permettant d’aller de l’avant », sans donner alors d’autres détails.

Ban Ki-moon avait insisté pour que l’équipe puisse se rendre au moins dans un autre endroit, la ville de Homs, où l’armée syrienne est accusée d’avoir recouru aux armes chimiques en décembre 2012.

L’ONU et le régime de Damas se seraient donc entendus pour que la mission pour que la mission enquête en même temps sur trois des incidents qui ont été signalés, notamment à Khan al-Assal, dont le régime n’a toutefois plus le contrôle, les rebelles s’en étant emparés le 22 juillet dernier.

Les deux autres sites qui seront l’objet de l’enquête de la mission devraient être Ataybah, près de Damas, où une attaque à l’arme chimique a été signalée en mars, et Homs, pour une attaque suspecte le 23 décembre dernier.

Les preuves ont sans doute maintenant été effacées ou «modifiées» , mais certains observateurs croient tout de même que pouvoir se rendre sur place permettra au moins aux enquêteurs de la Mission de l’ONU d’avoir accès aux rapports d’autopsie et d’entendre le témoignage des victimes directes de ces événements.

À lire aussi:

Accord sur l’enquête de l’ONU sur les armes chimiques en Syrie>>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.