Colombie: plus de 220 000 morts en un demi-siècle de conflit armé

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Plusieurs processus de paix ont échoué par le passé, celui-ci sera-t-il différent? (Photo: SDP Noticias.com)
Plusieurs processus de paix ont échoué par le passé (Photo: Archives/SDP Noticias.com)

Les conflits internes à la Colombie aura coûté cher en vies humaines. Une étude financée par le gouvernement rapporte ainsi qu’au moins 220 000 Colombiens, dont 81,5 % de civils, sont morts en 54 ans de violences politiques dans le pays.

Le directeur de l’étude, Gonzalo Sanchez, qui présentait son travail au chef de l’État, Juan Manuel Santos, a dit: «C’est une guerre qui a laissé une grande partie du pays en deuil, mais de façon très inégale. C’est une guerre dont les victimes sont, dans leur grande majorité, des civils non combattants. C’est une guerre perverse qui a brisé toutes les règles humanitaires».

Le rapport de 434 pages, intitulé «¡Basta ya! Colombia: Memorias de guerra y dignidad» (Ça suffit! Colombie: Mémoires de guerre et dignité) se penche ainsi sur les atrocités commises depuis 1958, avec la formation des guérillas marxistes, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et l’ELN (Armée de libération nationale) – officiellement fondées en 1964 – puis une trentaine d’années plus tard avec l’émergence des groupes paramilitaires d’extrême droite.

Selon les chercheurs qui ont menés cette étude durant près de six ans, entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 2012, les violences ont fait au moins 220 000 morts, dont plus de 177 300 étaient des civils. Les 40 787 autres victimes décomptées, étant membres des forces armées, des milices ou des rebelles.

Évolution du nombre de civils et de combattants tués dans le conflit armé en Colombie, de 1958 à 2012. Source: RUV, mis à jour au 31 mars 2013 par le GMH.

Les pires années

Lors de la présentation au président colombien, le directeur de l’étude a indiqué que la période la plus sanglante relevée par l’étude est située entre 1996 et 2002, lorsque les groupes paramilitaires se sont créés pour défendre les propriétaires terriens et les milieux d’affaires contre les attaques de la rébellion.

Ces paramilitaires, connus sous le nom de Forces d’autodéfense unies de Colombie, sont responsables de certaines des plus graves violations des droits de la personne.

Entre 1996 et 2005, en moyenne, une personne a été enlevé toutes les huit heures en Colombie et chaque jour, quelqu’un a été victime d’une mine anti-personnel, indique également le rapport.

Au total, les groupes paramilitaires, les guérilleros d’extrême gauche et les militaires ont commis 1982 massacres selon le rapport – définissant le massacre à partir du moment où le nombre de victimes est supérieur à quatre – qui ont fait 11 751 morts en 1980 et 2012.

Les Forces d’autodéfense unies de Colombie ont été responsables de la plupart de ces massacres tandis que les insurgés marxistes ont commis davantage d’enlèvements et d’attaques contre les infrastructures.

L’étude estime que 5,7 millions de Colombiens ont été déplacés depuis le début du conflit en 1958 et 27 023 personnes enlevées depuis 1970.

Pour lire l’intégralité du rapport (PDF en espagnol) >>

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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