Condamnation pour crimes de guerre pour une figure islamiste du Bengladesh

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L'ancien chef du parti Jamaat-e-Islami, Ghulam Azam, le 11 janvier 2012 à Dacca (Photo: Archives/Munir Uz Zaman/AFP)
L’ancien chef du parti Jamaat-e-Islami, Ghulam Azam, le 11 janvier 2012 à Dacca (Photo: Archives/Munir Uz Zaman/AFP)

Quatre-vingt dix ans de prison, c’est la peine que vient de recevoir le chef spirituel du plus grand parti islamiste au Bangladesh, condamné par un tribunal spécial à Dacca pour des atrocités commises sous sa responsabilité au début des années 1970.

Âgé de 90 ans et à l’époque chef du parti Jamaat-e-Islami, Ghulam Azam, a été reconnu coupable par le «Tribunal international des crimes» (ICT) de Dacca pour avoir été à l’origine de la mise en place de milices soutenant l’armée pakistanaise, lors de ce conflit qui a fait trois millions de morts, selon les chiffres officiels du gouvernement.

Le juge A.T.M. Fazle Kabir a indiqué avoir considéré que M. Azam était «supérieurement responsable» des atrocités commises par ces milices. Il a déclaré qu’il était ainsi coupable de meurtre et torture.

En présence de l’accusé qui était en fauteuil roulant, le juge a déclaré «Il a été prouvé que Ghulam Azam a été l’architecte des milices, dont Peace Committee, Al Badr et Bazakar». Le nonagénaire a toutefois échappé à la peine capitale au vu de son âge et de sa santé.

L’accusation l’a comparé à Adolf Hitler pour son rôle de «guide» dans les massacres de la guerre d’indépendance qui a abouti à la naissance du Bangladesh, et de «cerveau» derrière les meurtres d’intellectuels. De nombreux d’entre eux ont été retrouvés quelques jours après la fin de la guerre dans un marécage à l’extérieur de Dacca, les yeux bandés et les mains attachées derrière le dos.

L’avocat d’Azam affirme que les charges contre son client ont été fondées sur des informations de presse évoquant des discours prononcés lors de la guerre. «L’accusation a complètement échoué à apporter la moindre preuve étayant les charges», a-t-il dit, précisant à l’AFP qu’il ferait appel de ce «jugement pervers».

C’est le cinquième jugement prononcé par le Tribunal international des crimes depuis sa mise en place. Trois islamistes ont été condamnés à la peine capitale tandis qu’un autre dirigeant a été condamné à une peine d’emprisonnement à vie.

Depuis le premier verdict le 21 janvier, 150 personnes ont trouvé la mort lors de heurts entre les forces de l’ordre et des membres du Jamaat-e-Islami.

Huit autres hommes politiques, dont six appartenant au Jamaat et deux au principal parti d’opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), sont toujours en cours de jugement par le tribunal.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT

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