Des militants et des leaders religieux jeûnent pour la fermeture de la prison de Guantanamo

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Des militants et des leaders religieux jeûnent pour la fermeture de la prison de Guantanamo (NRCAT)
Des militants et des leaders religieux jeûnent pour la fermeture de la prison de Guantanamo (Photo: NRCAT)

Des partisans de la fermeture de la prison de Guantanamo ont fait un jeûne de 24 heures pour dénoncer mercredi à Washington le caractère «inhumain et dégradant» des conditions de détention des prisonniers dont la grève de la faim a ramené la question de prison militaire américaine au centre de l’actualité.

Récemment, lors d’une audition devant une sous-commission judiciaire du Sénat, l’influente démocrate libérale (progressiste), Dianne Feinstein , qui est aussi présidente de la Commission du Renseignement Sénat, avait estimé que le fait de nourrir de force une partie des détenus en grève de la faim «viole les normes internationales et l’éthique médicale».

Le mouvement de grève de la faim, commencé en février dernier, touchait jusqu’à tout récemment les deux tiers des prisonniers de Guantanamo.

Selon les informations données le 1er juillet par le lieutenant-colonel Samuel House, porte-parole de l’armée américaine à Guantanamo, 106 des 166 prisonniers de Guantanamo Bay étaient alors en grève de la faim.

Toutefois, pour pouvoir prier et rompre ensemble le jeûne à la fin de la journée, comme le veut leur religion et leur tradition, 33 prisonniers de Guantánamo auraient renoncé à leur grève de la faim pendant le ramadan selon l’armée américaine.

Il y aurait donc encore 73 détenus qui observent la grève de la faim pour protester contre leur détention illimitée sans procès et toujours 45 d’entre eux qui doivent être alimentés de force pour empêcher une perte de poids dangereuse pour la santé.

Cette grève constitue «une forme de protestation, pas une tentative de suicide», a fait observer Dianne Feinstein.

Une nouvelle audience du Congrès sur l’opportunité ou non de fermer la prison commençait mercredi 24 juillet.

L’audience doit porter sur la sécurité nationale, sur les implications humaines et financières qu’il y a à continuer à détenir des prisonniers à Guantanamo indéfiniment et sur comment Guantanamo sape l’autorité morale américaine.

Quelques heures avant le début de la nouvelle audience, des dizaines de représentants des religions musulmane, catholique, protestante et juive ont donc observé un jeûne de 24 heures, qui a commencé le 23 juillet à midi, heure de l’Est, et s’est terminé le 24 juillet, pour demander d’en finir avec Guantanamo.

Après la rupture de leur jeûne, ils se sont dirigés vers le Sénat où commençait l’audience de la commission à 14 h.

«La torture et la détention illimitée pratiquée à Guantanamo sont devenues une blessure morale ouverte», a déclaré le directeur de coalition Campagne religieuse nationale contre la Torture (NRCAT), Richard Killmer, qui regroupe 320 organisations participantes.

Virginia Farris, représentant les évêques catholiques, a estimé pour sa part que «Guantanamo est devenue le symbole de la détention illimitée sans procès. Fermer cette prison aiderait à restaurer la réputation des États-Unis dans le monde en matière de défense des droits de l’homme».

Lors de la première journée d’audience, le sénateur démocrate de l’Illinois et président de la sous-commission judiciaire a déclaré quant à lui que «La réalité est que chaque jour qu’elle reste ouverte, la prison de Guantanamo affaiblit nos alliances, inspire nos ennemis et remet en cause notre engagement pour les droits de l’homme».

Toutefois, la chambre basse du Congrès américain, la Chambre des Représentants où les républicains sont majoritaires, refuse encore de permettre le transfert des détenus, le sénateur républicain du Texas Ted Cruz, proche du Tea party et de l’aile libertarienne du Parti Républicain, déclarant: «Jusqu’à a ce qu’on me présente une stratégie bonne et viable sur ce qu’il faut faire de terroristes qui travailleront jour et nuit à tuer des Américains innocents, j’ai du mal à penser qu’il serait responsable de fermer la prison et de renvoyer ces individus chez eux».


«Il est temps de fermer Guantanamo», dit le sénateur Durbin à l’audience du 24 juillet au Sénat consacré à cette question (Vidéo: Bureau du Sénateur Richard)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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