Égypte: le chef de l’armée fait appel au peuple contre le terrorisme

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Capture d'écran de la télévision égyptienne montrant le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, appelant la population à manifester le 24 juillet 2013 (Photo: capture d'écran/TV égyptienne/AFP)
Capture d’écran de la télévision égyptienne montrant le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, appelant la population à manifester le 24 juillet 2013 (Photo: capture d’écran/TV égyptienne/AFP)

Après une série d’affrontements et de violence, le chef de l’armée égyptienne, le général Abdel Fattah al-Sissi, a appelé mercredi la population à manifester partout au pays afin de lui «donner mandat» pour mettre fin à «la violence et le terrorisme», rapporte aujourd’hui le quotidien pro-gouvernemental Al-Arhmam.

«J’appelle tous les Égyptiens honnêtes à descendre dans la rue vendredi pour me donner mandat pour en finir avec la violence et le terrorisme», a déclaré le général Sissi lors d’une cérémonie militaire à Alexandrie, tandis que les Frères musulmans partisans continuaient de mobiliser des milliers de manifestants pour réclamer le retour du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée.

Le chef de l’armée et ministre de la Défense a ainsi appelé «les Égyptiens à descendre dans la rue pour montrer au monde leur volonté comme avant le 30 juin» lors des manifestations qui avaient réuni des millions d’Égyptiens pour exiger le départ de M. Morsi, que l’armée avait finalement évincé le 3 juillet.

«Je vois que certains veulent entraîner le pays dans un tunnel sombre», a-t-il dit dans son discours prononcé à l’occasion d’une cérémonie militaire et de remise de diplômes retransmis à la télévision égyptienne.

Au Caire, des milliers de partisans Morsi organisent toujours un sit-in près de la mosqué de à Rabaa Al-Adawiya et dans le quartier de Gizeh.

Plus de 100 personnes ont été tuées dans des heurts violents depuis la destitution du président islamiste Morsi, alors que continuent à s’affronter les opposants à Morsi, ses partisans et les forces de sécurité.

Les marches et les manifestations des deux côtés ont été attaqués à plusieurs reprises par des hommes armés. L’utilisation de balles réelles a été fréquente ces dernières semaines alors que les manifestations se faisaient plus nombreuses et plus violentes.

Le général Sissi a affirmé que des conseillers du président déchu avaient tenté de le dissuader de le déposer en lui «disant qu’il y aurait beaucoup de violence», mais que l’armée n’avait fait qu’accomplir la volonté du peuple en destituant l’ancien président.

Le chef de l’armée et nouvel homme fort de l’Égypte a aussi appelé «toutes les forces politiques à se joindre aux efforts de réconciliation nationale».

Les Frères musulmans, dont est issu le président destitué, ou son bras politique, le Parti de la Liberté et de la Justice,  refusent de participer à a première série de pourparlers de réconciliation nationale, qui débutera mercredi sous les auspices du président par intérim Adly Mansour.

Un certain nombre de groupes islamistes et des partis qui forment l’«Alliance nationale pour soutenir la légitimité» ont également décidé de boycotter la réunion.

Toutefois, plusieurs formations politiques laïques y participeront, y compris le Front de salut national, le parti Wafd et le Parti social-démocrate égyptien.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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