Égypte: le Secrétaire d’État adjoint américain snobé par le peuple égyptien

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Un homme agite un drapeau égyptien lors d'un rassemblement d'opposants au président déchu Mohamed Morsi, le 12 juillet 2013 place Tahrir au Caire (Photo: Gianluigi Guercia/AFP)
Un homme agite un drapeau égyptien lors d’un rassemblement d’opposants au président déchu Mohamed Morsi, le 12 juillet 2013 place Tahrir au Caire (Photo: Gianluigi Guercia/AFP)

En visite au Caire le Secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Bill Burns, qui a appelé à l’apaisement lundi en Égypte après des entretiens avec les nouvelles autorités au Caire, a été «snobé» tout autant par le mouvement Tamarrod, à l’origine du renversement du président islamiste, que par les partisans du président déchu.

Cette visite était la première d’un haut responsable américain depuis le renversement de Mohamed Morsi le 3 juillet par l’armée égyptienne.

L’Égypte est depuis des décennies un allié de toute première importance dans la région pour les États-Unis qui versent d’ailleurs à l’armée une aide annuelle de 1,3 milliard de dollars.

Le secrétaire d’État adjoint Bill Burns s’est entretenu avec les principaux responsables de la transition de l’Égypte vers la démocratie: le Premier ministre Hazem Beblawi, le président Adly Mansour et le général Abdel Fattah al-Sissi, le nouvel homme fort, qui devrait rester ministre de la Défense.

En revanche, le mouvement Tamarrod, à l’origine des rassemblements de masse qui ont conduit à l’éviction par l’armée du président déchu, a refusé de le rencontrer, invoquant le sentiment de beaucoup d’opposants à Mohamed Morsi que Washington avait soutenu le président islamiste jusqu’au bout.

Washington semble tenter de ménager la chèvre et le chou. Les États-Unis ont évité jusqu’à maintenant de parler de «coup d’État», ce qui entraînerait une suspension automatique de l’aide américaine, mais, par contre, ont demandé la libération du président déchu, Morsi, détenu par l’armée.

Les nouvelles autorités égyptiennes n’ont pas accédé à cette demande, affirmant encore une fois que l’ex-chef d’État se trouvait «en lieu sûr» et était «traité dignement».

La priorité doit aller au dialogue a quant à lui déclaré Bill Burns qui a par ailleurs exclu que l’Égypte puisse vivre un scénario semblable à celui de la Syrie, en proie à la guerre civile depuis depuis plus de deux ans.

Pendant ce temps, les partisans de Mohamed Morsi, qui dénoncent un «coup d’État militaire» ont appelé encore à de nouveaux grands rassemblements lundi, en particulier aux abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le faubourg de Nasr City, où ils les partisans du président islamiste campent depuis deux semaines.

Une marche était en outre prévue vers le siège de la Garde républicaine, devant lequel 53 personnes ont été tuées il y a une semaine par des tirs lors d’une manifestation pro-Morsi.

Les anti-Morsi pour leur part se retrouveront encore pour leur part se rassembler sur la place Tahrir au centre de la capitale.

Par ailleurs, en ouverture de sa conférence de presse aujourd’hui au Caire, le Secrétaire d’État adjoint américain a offert ses condoléances pour les trois personnes ont été tuées dans la matinée dans l’attaque d’un bus transportant des ouvriers d’une cimenterie dans le nord du Sinaï, au cours de laquelle 17 autres personnes ont aussi été blessées.

La situation sécuritaire dans cette région peu peuplée de l’Égypte qui sert de tremplin aux islamistes radicaux ne cesse de se dégrader depuis deux semaines.


Conférence de presse de Bill Burns au Caire, 15 juillet (Vidéo: Department of State)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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