Égypte, malgré les appels au calme, les islamistes radicaux ne désarment pas encore

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Une Égyptienne tient le portrait du président déposé, lors d'une manifestation pro-Morsi au Caire le 4 juillet 2013 (Photo: Mahmoud Khaled/AFP)
Une Égyptienne tient le portrait du président déposé, lors d’une manifestation pro-Morsi au Caire le 4 juillet 2013 (Photo: Mahmoud Khaled/AFP)

Alors que les États-Unis demandent aux autorités égyptiennes de ne pas procéder à des «arrestations arbitraires» et le Secrétaire général des Nations Unies réitère ses appels à la non-violence et à la retenue et plaide pour une approche inclusive, les islamistres radicaux de désarment pas, menacent de représailles et passent à l’attaque dans la péninsule du Sinaï.

«Le Secrétaire général suit de près et avec une constante préoccupation les évènements en Égypte et apporte son soutien aux aspirations de son peuple», indique un communiqué de son porte-parole.

Ban Ki-moon, rapporte aussi le service d’information de l’ONU, «prend aussi note de la situation délicate qui a suivi l’annonce par l’armée de la suspension de la Constitution et de la nomination du chef de la cour constitutionnelle en tant que chef de l’État intérimaire»

L’Égypte, souligne l’ONU, est entrée dans une étape particulièrement périlleuse de sa transition entamée depuis la chute du régime d’Hosni Moubarak en 2011.

le Secrétaire général a fait remarqué que, si de nombreux Égyptiens ont exprimé de profondes et légitimes revendications, l’interférence de l’armée dans les affaires de n’importe quel État est une source de préoccupation.

«Il est en conséquence crucial de renforcer rapidement l’autorité détenue par les institutions civiles, en plein accord avec les principes démocratiques».

«Le monde suit avec attention l’évolution de la situation en Égypte, avec l’espoir que les Égyptiens poursuivront dans la voie de la paix, surmonteront les importantes difficultés d’aujourd’hui et trouveront un terrain d’entente permettant de faire progresser la transition, pour laquelle un grand nombre d’entre eux se sont battus si courageusement», a conclu le Secrétaire général.

Du côté américain, les membres de l’équipe de sécurité nationale du président Obama ont souligné eux aussi l’importance d’un «retour rapide et responsable» à un gouvernement civil démocratiquement élu.

Les Américains ont également souligné l’importance d’un «processus politique transparent qui inclut tous les partis et les groupes, […] et la responsabilité de tous les groupes et partis pour éviter la violence».

Pendant ce temps, alors que les Frères musulmans appellent à manifester aujourd’hui, vendredi, plusieurs islamistes vont encore plus loin et menacent de violences en représailles à l’éviction de Morsi par l’armée.

Un soldat égyptien a été tué dans des attaques de militants islamistes qui ont tiré vendredi matin (heure du Caire) à la roquette et à la mitrailleuse sur des postes de police et militaire au Sinaï, rapportait l’AFP.

Deux soldats ont été blessés dans l’attaque d’un point de contrôle de l’armée à al-Gura, dans le nord de la péninsule.

Un poste de police et un bâtiment des renseignements militaires dans la ville frontalière de Rafah ont aussi été attaqués à la roquette, rapporte l’agence, citant des sources de sécurité.

Les islamistes attaquent des points de contrôle militaires et policiers dans plusieurs villes du nord du Sinaï, se servant de la région nord de la péninsule, peu peuplée, comme d’un tremplin pour attaquer les forces de sécurité et Israël, rapporte encore l’agence.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Politique et religion forment un cocktail explosif. Partout où il y a des troubles dans les pays musulmans, les foules sont agitées par des Imams incitant celles-ci à la violence. La religion devrait rester dans les mosquées avec tous ces autres symboles religieux qui ne servent que de prétextes à provocation.