Guantanamo: 32 détenus auraient mis fin à leur grève de la faim pour le mois du ramadan

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La chaise de contention utilisé pour gaver de force les détenus en grève de la faim (Photo: US Army)
La chaise de contention utilisé pour gaver de force les détenus en grève de la faim (Photo: US Army)

Pour pouvoir prier et rompre ensemble le jeûne à la fin de la journée, comme le veut leur religion et leur tradition, 33 prisonniers de Guantánamo auraient renoncé à leur grève de la faim pendant le ramadan selon l’armée américaine, qui a rapporté dimanche que le personnel médical de la prison militaire considère qu’il n’y a plus maintenant que 45 prisonniers qu’il faut alimenter de force.

Il y a quelques demaines, tous les observateurs avaient l’impression que cette grève, commencée en février dernier, n’en finissait plus.

Selon les informations données le 1er juillet par le lieutenant-colonel Samuel House, porte-parole de l’armée américaine à Guantanamo, 106 des 166 prisonniers de Guantanamo Bay étaient alors encore en grève de la faim, dont 45 d’entre eux alimentés de force pour empêcher une perte de poids dangereuse pour la santé.

Du 4 juillet au 10 juillet, le nombre de grévistes de la faim s’était maintenu à 106, mais tout à coup, la sitaution a commencé à changer.

Le 11 juillet, on en perd 2, et le nombre de grévistes tombe donc à 104.

Le 12 juillet, on en perd deux autres, puis, le nombre de détenus qui mettent fin à leur grève de la faim continue de grimper, le 13 juillet, six de moins, le 14, quinze de moins, le 16, un de moins, le 17, deux de moins, le 18, trois de moins et, aujourd’hui, encore deux de moins.

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Donc, après que 33 détenus eurent cessé la grève de la faim en une semaine, le nombre de grévistes de la faim n’est plus que de 73 aujourd’hui, dont 45 «seulement» doivent être alimentés de force.

Un porte-parole de la prison aurait expliqué, selon ce que rapporte le Miami Herald, qu’une nouvelle politique adoptée par les autorités de Guantanamo qui permet aux détenus de vivre dans des aires communes au lieu d’être en isolement, aurait contribuer à diminuer le nombre de grévistes de la faim.

Dans ces aires communes, ils peuvent jeûner et prier le jour et rompre le jeûne et manger ensemble à la fin de la journée.

Toutefois, pour bénéficier de ce privilège, il doivent accepter de mettre fin à leur grève de la faim.

Le capitaine Robert Durand, porte-parole de la prison militaire de Guantanamo, aurait décrit l’iftar, le repas de rupture du jeûne pendant la période du ramadan, comme un facteur décisif dans la diminution du nombre de grévistes, rapporte encore le Miami Herald.

Il faut aussi noter que , mardi dernier, le 16 juillet, les grévistes de la faim avaient subi un revers en cour, la juge fédérale Rosemary M. Collyer rejetant la requête de trois détenus de Guantanamo pour empêcher le gouvernement américain de les nourrir de force.

La juge avait statué qu’elle n’avait pas la compétence pour entendre cette requête puisque le Congrès avait soustrait Guantanamo à la juridiction des tribunaux américains, mais, si elle en avait eu la compétence, a-t-elle dit, elle aurait rejeté la requête.

«Les États-Unis ne peuvent pas permettre à une personne en garde à vue de mourir de faim et que de nombreux tribunaux ont reconnu le devoir du gouvernement de prévenir le suicide et de fournir des soins nutritionnels et médicaux aux personnes en garde à vue», avait-elle alors déclaré.

Par cette grève de la faim, rappellent les avocats des prisonniers, les détenus veulent protester contre leur détention illimitée sans procès à la base américaine de Guantanamo à Cuba.

Si l’explication du capitaine Durand est la bonne, il restera à voir ce qu’il adviendra de la grève de la faim après le mois du ramadan.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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