Guantanamo: deux Algériens vont être rapatriés annonce la Maison-Blanche

40
Libération d'un prisonnier koweïtien à Guantanamo ce mercredi 6 novembre. (Photo: Archives/Paul J. Richards/AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Un mirador de la prison américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba (Photo: Archives/Paul J. Richards/AFP)
Un mirador de la prison américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba (Photo: Archives/Paul J. Richards/AFP)

Les États-Unis ont décidé de rapatrier deux Algériens détenus à la prison militaire de Guantanamo sur l’île de Cuba, a annoncé ce vendredi 26 juillet la Maison Blanche.

«Comme le Président l’a dit», dit le communiqué de la Maison-Blanche «les États-Unis restent déterminés à fermer le centre de détention de Guantanamo. À l’appui de ces efforts, aujourd’hui le ministère de la Défense signifié au Congrès son intention de rapatrier deux autres détenus en Algérie», ajoutant «Nous prenons cette mesure en consultation avec le Congrès, et d’une manière responsable qui protège notre sécurité nationale.»

Le communiqué poursuit en disant «Nous continuons à appeler le Congrès à se joindre à nous pour soutenir ces efforts en levant les restrictions actuelles qui limitent considérablement notre capacité à transférer des détenus de Guantanamo, même ceux qui ont été approuvés pour le transfert.»

Sur les 166 détenus de Guantanamo, 86 -dont 56 Yéménites- ont été désignés comme transférables dans leur pays d’origine par les administrations des présidents George W. Bush et Obama et quelque 46 autres sont en détention illimitée, sans inculpation ni procès faute de preuves, mais jugés trop dangereux pour être libérés.

Une grève de la faim, commencée en février dernier pour protester contre leur détention illimités et qui a touché jusqu’à 106 prisonniers sur les 166 détenus à Guantanamo, a ramené la question de la fermeture de cette prison militaire au centre de l’actualité.

Encore aujourd’hui, 73 détenus refusent de s’alimenter, dont 46 étaient nourris de force, selon l’armée américaine.

En mai dernier, après avoir rappelé que ses tentatives de fermer la prison militaire de Guantanamo avaient été torpillées par le Congrès dans le passé en imposant des restrictions sur les transferts de prisonniers, le président avait annoncé plusieurs mesures concrètes pour en arriver enfin à fermer la prison.

Le président américain avait promis en mai qu’il allait redoubler d’efforts pour que soit réglé le sort des prisonniers qui peuvent être poursuivis se règle en cour, sur le territoire américain, avec tout ce que cela implique.

Quant aux personnes trop dangereuses pour être libérées, mais ne pouvant être traduites en justice parce que les éléments de preuve que détiennent les autorités américaines ne seraient pas admissibles en cour, le président avait promis un examen «cas par cas».

La première mesure annoncée par le président Obama a été, fin mai, la levée du moratoire sur le transfert des prisonniers yéménites de façon à pouvoir «étudier ces dossiers cas par cas».

Au nombre de 84, les Yéménites représentent la majorité des 166 détenus encore incarcérés à Guantanamo. Ils sont aussi les plus nombreux (56 sur 86) à avoir été désignés comme libérables par les administrations Bush et Obama en l’absence d’éléments à charge contre eux.

L’annonce du transfèrement des deux détenus algériens survient alors que le président américain doit discuter jeudi prochain de Guantanamo avec son homologue yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi en visite la Maison Blanche.

Quant aux Algériens, douze d’entre eux ont déjà été renvoyés dans leur pays.

Le dernier transfèrement en date est celui du Canadien Omar Khadr, qui avait été rapatrié fin septembre 2012.