Guantanamo: les États-Unis vont bientôt réexaminer le cas de 71 détenus

0
Un mirador de la prison américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba (Photo: Paul J. Richards/AFP)
Un mirador de la prison américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba (Photo: Archives/Paul J. Richards/AFP)

Les autorités américaines vont prochainement, peut-être même dès septembre, réexaminer la situation de 71 des 166 détenus de Guantanamo pour déterminer si ces prisonniers représentent toujours une «menace» pour les États-Unis, a annoncé le Pentagone lundi.

En mai dernier, après avoir rappelé que ses tentatives de fermer la prison militaire de Guantanamo avaient été torpillées par le Congrès dans le passé en imposant des restrictions sur les transferts de prisonniers, le président avait annoncé plusieurs mesures concrètes pour en arriver enfin à fermer la prison qu’une grève de la faim de plus de 100 détenus sur 166, commencée en février dernier, a ramenée  depuis au centre de l’actualité.

Le président américain avait promis en mai qu’il allait redoubler d’efforts pour que soit réglé le sort des prisonniers qui peuvent être poursuivis se règle en cour, sur le territoire américain, avec tout ce que cela implique.

Quant aux personnes trop dangereuses pour être libérées, mais ne pouvant être traduites en justice parce que les éléments de preuve que détiennent les autorités américaines ne seraient pas admissibles en cour, le président avait promis un examen «cas par cas».

La première mesure annoncée par le président Obama a été, fin mai, la levée du moratoire sur le transfert des prisonniers yéménites de façon à pouvoir «étudier ces dossiers cas par cas».

Au nombre de 84, les Yéménites représentent la majorité des 166 détenus encore incarcérés à Guantanamo. Ils sont aussi les plus nombreux (56 sur 86) à avoir été désignés comme libérables par les administrations Bush et Obama en l’absence d’éléments à charge contre eux.

Les «commissions temporaires d’examen» n’étudieront pas la légalité de l’incarcération de ces 71 prisonniers à Guantanamo, mais se concentreront sur la question de savoir s’ils représentent encore une menace pour les États-Unis et doivent à ce titre rester enfermés, a déclaré le contre-amiral à la retraite Norton C. Joerg, un ex-juriste de la Marine américaine qui présidera le commission d’examen composée de six membres, rapporte le Washington Post.

Les six membres de la commission d’examen proviendront du Pentagone, du bureau du Chef d’État-major des États-Unis, du bureau du Directeur national du renseignement, du Secrétariat d’État, du ministère de la Justice et du ministère de la Sécurité intérieure.

Lors de l’examen de chaque cas, une audition sera organisée, au cours de laquelle le détenu ou ses représentants pourront présenter leurs arguments.

Les spéculations quant à la date de la première audience de la commission vont bon train, mais une porte-parole du Pentagone, mais le lieutenant-colonel Todd Breasseale, n’a pas voulu préciser de date, disant seulement que «la première audience aura lieu lorsque les conditions l’exigeront».

Toutefois, les observateurs s’attendent à ce que la commission commencent ses travaux en septembre, la question de Guantanamo étant une épine dans le flanc de l’administration alors que même les alliés démocrates d’Obama réclament du président une solution à ce problème hérité de l’administration Bush.

À lire aussi:

Guantanamo: les autorités admettent que la quasi-totalité des prisonniers est en grève de la faim>>

 

Guantanamo: les alliés démocrates d’Obama s’en mêlent et réclament la fin l’alimentation forcée>>

 

Obama déclare que Guantanamo doit fermer>>

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.