In Amenas: le djihadiste Mokhtar Belmokhtar inculpé à New York

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Début juin, Washington avait annoncé offrir  cinq millions de dollars pour toute information permettant d'arrêter Belmokhtar (Photo: Department of State, programme «Rewards for Justice»)
Début juin, Washington avait annoncé offrir cinq millions $ pour toute information permettant d’arrêter Belmokhtar (Photo: Department of State/programme «Rewards for Justice»)

Les autorités judiciaires new-yorkaises ont annoncé vendredi l’inculpation du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar pour l’attaque du complexe gazier d’In Amenas en Algérie en janvier dernier, durant laquelle au moins 38 otages de dix pays avaient été tués, dont trois Américains, rapporte l’AFP.

Huit chefs d’accusations ont été retenus contre Belmokhtar en Cour fédérale à Manhattan,  dont «complot visant à apporter un soutien à Al-Qaïda et Aqmi, complot de prise d’otages, enlèvement de personnes protégées internationalement, et complot visant à utiliser une arme de destruction massive», a annoncé le procureur fédéral du District sud de New-York, Preet Bharara. Cela le rend passible de la peine de mort, même si le procureur a souligné qu’il n’avait pas été localisé.

«Mokhtar Belmokhtar a lancé il y a des années un règne de terreur pour servir son but autoproclamé de djihad sanglant contre l’Occident. Ses efforts ont culminé dans un siège de cinq jours qui a tué des dizaines de personnes, dont trois Américains, et des centaines d’autres ont eu peur pour leur vie», a déclaré le procureur dans un communiqué.

«Belmokhtar a apporté la terreur et le sang à ces personnes innocentes et nous avons maintenant l’intention de le traduire en justice», ajoute encore le procureur qui rappelle que Belmokhtar a revendiqué cette attaque le 21 janvier, dans une vidéo en ligne, au lendemain de la fin de l’attaque «au nom d’Al-Qaida».

Cinq millions de dollars pour sa capture

Début juin, Washington avait annoncé offrir cinq millions $ pour toute information permettant d’arrêter Belmokhtar.

Au total, le Département d’État a offert  jusqu’à 23 millions de dollars de récompense pour toute information conduisant à sa capture, à celle du chef de la secte islamiste nigériane Boko Haram, ou à d’autres responsables du groupe Aqmi, dans le cadre du programme «Récompenses pour la justice», qui offre de l’argent à tout informateur permettant l’arrestation ou l’élimination d’individus menaçant les intérêts des États-Unis.

Mokhtar Belmokhtar, 41 ans, surnommé «Le borgne», avait créé fin 2012 sa propre unité combattante, les «Signataires par le sang», pour s’affranchir de la tutelle d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avec laquelle il est entré en dissidence en octobre 2012. Le communiqué du procureur  Preet Bharara souligne aussi  que Belmokhtar a affirmé en décembre 2012 que son groupe «faisait partie d’Al-Qaïda».

Donné pour mort par le Tchad en avril, Belmokhtar a aussi revendiqué le double attentat-suicide au Niger, qui a fait une vingtaine de morts en mai dernier, et a menacé de frapper les pays engagés au Mali.

Condamné à mort à deux reprises par la justice algérienne, il aurait aussi commandité l’assassinat de quatre Français en Mauritanie en décembre 2007, et la prise en otage de deux Canadiens en 2008, trois Espagnols et deux Italiens en 2009.

Le Canada a lui aussi annoncé le 26 juin qu’il avait engagé des poursuites contre Belmokhtar pour son rôle dans l’enlèvement des deux diplomates canadiens il y a cinq ans.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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