Irak: les violences ont fait près de 3 000 morts et plus de 7 000 blessés en quatre mois

0
Des Irakiens nettoient les débris d'un attentat qui a fait au moins 6 morts, le 28 mai 2013 à Sadr City à Bagdad (Photo: Ali al-Saadi/AFP)
Des Irakiens nettoient les débris d’un attentat qui a fait au moins 6 morts, le 28 mai 2013 à Sadr City à Bagdad (Photo: Ali al-Saadi/AFP)

Selon Martin Kobler, envoyé spécial de l’ONU en Irak, les violences perpétrées dans le pays ont coûté la vie à près de 3 000 personnes lors des quatre derniers mois. Un bilan extrêmement lourd qui n’est pas sans rappeler le conflit confessionnel de 2006-2007.

L’insécurité ne faiblit pas en Irak. Alors que le conflit syrien ne cesse de diviser la communauté internationale, le voisin irakien inquiète. Et il en va de la stabilité de la région.

Pour preuve, l’envoyé spécial de l’ONU dans le pays, Martin Kobler, a affirmé, mardi, que les dirigeants irakiens sont face à des «choix cruciaux». Évoquant le rayonnement et l’impact de la guerre en Syrie au-delà de ses frontières, M. Kobler a rappelé la nécessité d’ un «renforcement des bases de la démocratie» en Irak.

Dans le cas contraire, le pays risque de «s’aventurer sur un sentier dangereux, où les impasses politiques et la violence religieuse l’attendent à chaque tournant».

Car, pour l’heure, ce conflit confessionnel mine la société. Les heurts et attentats se multiplient entre la majorité chiite, représentée par le Premier ministre, Nouri Al-Maliki, et la minorité sunnite, qui se juge «stigmatisée» et mise à l’écart.

Mardi, Martin Kobler a présenté, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, un bilan de 3 000 victimes lors des quatre derniers mois. Il a également ajouté que plus de 7 000 personnes ont été blessés au cours de ces violences.

Selon un bilan établi par l’AFP sur la base de sources sécuritaires et médicales, ces violences ont fait plus de 370 morts depuis début juillet et plus de 2 600 depuis janvier. De quoi offrir une perspective sombre concernant l’avenir du pays.

Des attentats suicides secouent le pays pendant le mois du ramadan

Pour preuve, rien ne laisse présager d’une accalmie prochaine. Pas même le mois de jeûne du ramadan. Au cours de la journée de jeudi, une série d’attentats a secoué le nord du pays, faisant une quarantaine de victimes.

Au moins 38 personnes ont, pour leur part, été tuées et 25 blessées, vendredi soir, dans un attentat suicide contre un café à Kirkouk, dans le nord du pays, comme l’a révélé à l’AFP le médecin de la morgue, le docteur Chakour Ahmed Ibrahim.

Un kamikaze a fait exploser sa ceinture bourrée d’explosifs à 22h30, heure locale, dans le quartier de Wahd Hozeran, alors que les gens se trouvaient encore dans les rues à la fin de leur journée de jeûne.

Samedi, ce sont encore 22 personnes qui ont trouvé la mort en Irak. Quatre civils et un policier ont notamment péri lorsqu’un kamikaze a fait exploser une voiture piégée contre une tente où des chiites organisaient une réception à l’occasion d’une cérémonie funéraire, organisée dans le village de Zahra, près de Bakouba, au nord de Bagdad.

Dans le quartier de Doura, au sud de la capitale, c’est une bombe placée sur le bord d’une route, près d’un café, qui a tué neuf personnes et en a blessé au moins 32. Preuve de l’insécurité régnant dans différentes régions du pays.


Des villes chiites cibles d’attentats meurtriers en Irak – 15 juillet 2013 (Vidéo: Euronews)

À lire aussi:

Irak: 38 morts dans un attentat suicide contre un café à Kirkouk >>

Irak: au moins 40 morts dans une série d’attentats en Irak >>

Au moins 18 tués, dont trois enfants, dans des attaques en Irak >>

Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l’Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d’une licence en Information­-Communication, Gaëtan s’intéresse aux enjeux internationaux à travers l’analyse des différents conflits mondiaux.

Les commentaires sont fermés.