Irak: près de 50 morts dans une vague de 17 attentats

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Attentat à la voiture piégée le 29 juillet 2013 à Sadr City quartier chiite de Bagdad (Photo: Ahmad al-Rubaye/AFP)
Attentat à la voiture piégée le 29 juillet 2013 à Sadr City quartier chiite de Bagdad (Photo: Ahmad al-Rubaye/AFP)

Une vague de 17 attentats coordonnés à la voiture piégée a frappé l’Irak lundi matin, faisant au moins 48 morts et plus de 220 blessés, a-t-on appris de sources policières et médicales.

La plupart des attentats, qui ont débuté vers 07h00 et qui se sont poursuivis pendant près de deux heures, visaient la communauté chiite du pays.

À Bagdad, 11 voitures piégées ont explosé dans neuf quartiers différents, dont au moins sept à majorité chiite, faisant 34 morts et plus de 130 blessés.

À Sadr City, un quartier chiite de Bagdad, une voiture piégée a explosé sur une place où des ouvriers journaliers se réunissent de bon matin pour chercher du travail. L’explosion a envoyé un minibus voler plus de 10 mètres en l’air, et détruit les devantures de magasins, selon un photographe de l’AFP. Une seconde bombe à Sadr City visait des magasins vendant des matériaux de construction.

Depuis près de trois mois, les attentats se multiplient en Irak, renouant avec les niveaux de 2008, au sortir d’une quasi guerre civile entre sunnites et chiites qui avait fait des dizaines de milliers de victimes en 2006-2007.

L’escalade de la violence est liée au ressentiment de la minorité sunnite, au pouvoir sous Saddam Hussein, vis-à-vis de la majorité chiite qui dirige le pays aujourd’hui et qu’elle accuse de discriminations à son encontre.

Une voiture piégée a également explosé à Mahmoudiya, à 30 kilomètres au sud de la capitale tuant au moins deux personnes et en blessant 25.

À Kout, une ville à majorité chiite, à 160 km au sud de Bagdad, deux voitures piégées ont visé le centre de la ville, faisant au moins six morts et 57 blessés.

Toujours au sud de la capitale, deux autres attentats à la voiture piégée se sont produits à Samawa, une ville chiite à 280 km de Bagdad, faisant au moins deux morts et des dizaines de blessés.

Et une voiture piégée a explosé à Bassorah, la ville portuaire dans le sud du pays, là aussi à majorité chiite, faisant quatre morts et cinq blessés.

Au total plus de 780 personnes ont été tuées dans les violences depuis début juillet, et plus de 3.000 depuis le début de l’année, selon un bilan établi par l’AFP.

Des manifestations sunnites ont débuté l’an dernier pour demander la libération de suspects sunnites arrêtés en vertu d’une loi anti-terroriste qui permet de les détenir de façon quasi-illimitée. La crise a connu un pic le 23 avril lorsque les forces de sécurité et des manifestants, pour la plupart non-armés selon l’ONU, se sont affrontés près de la ville de Hajiwah (nord), faisant 53 morts.

Des attaques massives et coordonnées à la bombe contre la population civile ont lieu une à deux fois par semaine en moyenne, tandis d’autres attentats, plus ciblés, visent quotidiennement les forces de l’ordre.

Des groupes liés à Al-Qaïda semblent en grande partie responsables des récents attentats contre les civils, commis probablement dans le but de relancer la guerre civile, selon les observateurs.

Ces groupes revendiquent rarement la responsabilité pour de telles attaques qui sont souvent suivies de représailles de la part d’extrémistes chiites.

La semaine dernière, l’Etat islamique en Irak et au Levant, figure de proue d’Al-Qaïda en Irak, avait toutefois revendiqué deux attaques spectaculaires contre deux des principales prisons du pays, qui avaient permis de faire libérer plus de 500 détenus, dont des chefs d’Al-Qaïda.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a ordonné samedi le renvoi du directeur des services pénitentiaires et ordonné le placement en détention de hauts gradés de la police à la suite de l’évasion de masse de la prison d’Abou Ghraib.

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