Israël libérera une centaine de Palestiniens emprisonnés depuis plus de 20 ans

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Libération, le 8 mai 2013, d'un leader palestinien du mouvement du Jihad islamique après une décision de justice d'un tribunal israélien (Photo: Archives/Saif Dahlah/AFP)
Libération, le 8 mai 2013, d’un leader palestinien du mouvement du Jihad islamique après une décision de justice d’un tribunal israélien (Photo: Archives/Saif Dahlah/AFP)

Le ministre israélien des Relations internationales et du Renseignement, Youval Steinitz, a déclaré samedi qu’Israël a accepté de libérer des prisonniers palestiniens pour la reprise des pourparlers annoncée par le secrétaire d’État américain John Kerry au terme de sa sixième tournée au Moyen-Orient en autant de mois pour relancer le processus de paix israélo-palestinien.

Le Secrétaire d’État a annoncé vendredi que les négociateurs israéliens et palestiniens se rendront finalement à Washington sous peu après un accord de principe préparant le terrain pour des négociations directes.

Les négociations directes entre Palestiniens et Israéliens s’étaient arrêtées en septembre 2010 quand Israël a refusé de maintenir un gel partiel de la construction de colonies dans les Territoires palestiniens occupés et ils étaient jusqu’à hier complètement bloqués depuis trois ans.

S’exprimant lors d’un événement à Ramat Gan, Steinitz a donc déclaré que, conformément aux exigences israéliennes, les négociations vont reprendre sans conditions préalables telles que le gel des constructions dans les colonies, les négociations sur la base des frontières de 1967 et la libération immédiate des prisonniers.

Il a néanmoins admis qu’Israël a accepté de libérer un nombre limité de prisonniers au fur et à mesure que progresseront les négociations.

Du côté palestinien, on affirme que le secrétaire d’État a assuré qu’Israël pourrait libérer quelque 350 prisonniers progressivement dans les prochains mois.

Les prisonniers seraient libérés en plusieurs phases.

Selon le groupe de défense des droits de l’Homme israélien B’Tselem, 4 713 Palestiniens sont détenus en Israël, dont 169 en détention administrative, une procédure qui permet de les garder emprisonnés sans inculpation pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

De ce nombre, il y a une centaine de Palestiniens dont l’incarcération remonte à plus de 20 ans, avant même les accords d’Oslo de 1993 entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin qui posaient les jalons de l’autonomie palestinienne.

Ces quelque 100 hommes condamnés pour des crimes commis avant les accords intérimaires de paix de 1993 et qu’Israël hésitait à libérer parce que plusieurs parmi eux ont été condamnés pour des attaques meurtrières feraient partie du groupe de prisonniers qui seraient libérés progressivement.

En revanche, Israël a nié cette semaine avoir accepté les frontières de 1967 comme base des négociations préalablement à la reprise des pourparlers.

Il semble donc que la libération des prisonniers ait été une concession suffisante pour ramener les Palestiniens à la table des négociations.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré à la presse jordanienne samedi que le choix préféré des Palestiniens est de parvenir à un État par des négociations, précisant aussi que les Palestiniens n’envisagent pas la possibilité de faire partie de la Jordanie, une solution qui avait été proposée il y a plusieurs années.

Commentant par ailleurs la division entre Gaza et la Cisjordanie, il a déclaré: «La légitimité palestinienne a commencé à se désintégrer et c’est pourquoi nous devons organiser des élections présidentielles et législatives.»

Réactions positives de la communauté internationale

La communauté internationale a salué l’annonce de la reprise des pourparlers.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a salué le «courage» des deux côtés alors que les Nations Unies ont publié un communiqué qualifiant la reprise des pourparlers de «développement positif» et exhortant les deux parties à «faire preuve de leadership, de courage, et de responsabilité dans cet effort vers la réalisation de la solution de deux États.»

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent fabius, a lui aussi salué l’annonce de la reprise prochaine des pourparlers israélo-palestiniens: « »Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, m’a informé des termes de l’accord de principe qu’il venait de conclure en vue d’une reprise des négociations israélo-palestiniennes», a déclaré le chef de la diplomatie française. «Je lui ai dit que nous nous réjouissions de cette perspective. Je salue le sens des responsabilités dont ont su faire preuve les autorités israéliennes et palestiniennes.»

«Il est dans l’intérêt de tous de mettre fin au conflit par la création d’un État palestinien viable et souverain, vivant en paix et en sécurité aux côtés d’Israël», a aussi souligné hier le ministère français des Affaires étrangères, ajoutant que «La France, avec ses partenaires européens, ne ménagera aucun effort pour faciliter les négociations et participer, le moment venu, à la mise en œuvre d’un accord de paix.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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