John Kerry essuie un nouvel échec dans la relance du processus de paix au Proche-Orient

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Le secrétaire d'État américain John Kerry et président palestinien Mahmoud Abbas, le 29 juin 2013 à Amman (Photo: Jacquelyn Martin/Pool/AFP)
Le secrétaire d’État américain John Kerry et président palestinien Mahmoud Abbas, le 29 juin 2013 à Amman (Photo: Jacquelyn Martin/Pool/AFP)

Pour sa sixième tournée diplomatique au Proche-Orient, le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’apprête à quitter la Jordanie après un nouvel échec pour relancer le processus de paix dans le cadre du conflit israélo-palestinien.

«Il n’y a actuellement aucun plan d’annonce de reprise des négociations». Par ces mots, le porte-parole du département d’État américain, Jennifer Psaki, clôt une nouvelle semaine diplomatique, au cours de laquelle le secrétaire d’État, John Kerry, n’a pu infirmer la position des différentes parties.

Il a bien essayé de prolonger son séjour, jusqu’à vendredi, en attendant la tenue d’une réunion entre dirigeants palestiniens. Mais rien n’y a fait puisque ces derniers ont refusé, eux aussi, de remettre en cause leurs conditions préalables à la reprise des négociations.

«La plupart des mouvements ont rejeté les propositions de Kerry pour reprendre les négociations avec Israël», a déclaré le député indépendant Moustapha Barghouthi, participant à une réunion regroupant le Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le Comité central du Fatah, et les chefs des formations de l’OLP et indépendantes.

La direction palestinienne va publier une contre-proposition

Qu’il s’agisse du mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, le Fatah, ou de la direction palestinienne, tous ont refusé de se remettre à la table des négociations.

Et ce, car John «Kerry n’a pas fourni de garanties d’un arrêt de la colonisation ni de référence claire pour les négociations, selon les frontières de 1967», antérieures au début de l’occupation israélienne, comme l’a expliqué M. Barghouthi.

Mais la direction palestinienne ne compte pas attendre un geste de la part du chef de la diplomatie américaine. Elle devrait ainsi mettre en place une commission, chargée de de formuler une contre-proposition à John Kerry.

«Cette commission se réunira ce soir pour formuler cette réponse officielle palestinienne», a déclaré Wassel Abou Youssef, membre du Comité exécutif de l’OLP, estimant qu’il n’y aurait «pas de retour aux négociations sans reconnaissance claire de la part du gouvernement israélien de la référence aux lignes de 1967» comme base des discussions.

La colonisation pose problème

Autre point d’achoppement majeur, la poursuite de la colonisation israélienne divise les deux camps. «La plus importante proposition du plan de Kerry est une reprise des négociations sans arrêt ou gel de la colonisation», regrette un responsable de l’OLP, cité par l’AFP sous couvert de l’anonymat.

«Il y a une nouvelle expression, celle de « retenue » dans la construction dans les colonies de Cisjordanie, à l’exception des trois blocs d’implantations d’Ariel, du Goush Etzion, de Maalé Adoumim, ainsi que de Jérusalem-Est», ajoute-t-il.

Mais le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, veut des négociations sans «conditions préalables», et n’envisagerait que des «gestes de bonne volonté», comme la libération de prisonniers ou un gel partiel de la colonisation.

À l’inverse, le président palestinien, Mahmoud Abbas, exige, pour reprendre les pourparlers de paix, un gel total de la colonisation et que les négociations se fassent sur la base de la «ligne verte», la frontière précédant l’occupation israélienne des Territoires palestiniens au terme de la guerre des Six Jours, en 1967.

Des exigences diamétralement opposées qui laissent le conflit israélo-palestinien englué dans une impasse diplomatique depuis trois longues années.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

DiscussionUn commentaire

  1. Mr Kerry devrait refaire ses devoirs!..tous ses efforts seront inutiles et vains, comme l'ont été ceux de tous ses prédécesseurs, car il est écrit dans l'Ancien Testament, au livre de Zacharie chapître 12 verset 2 & 3 ..Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d'étourdissement pour tous les peuples d'alentour.Je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples.Tous ceux qui la soulèveront seront meurtris, ect, ect….tous ceux qui s'acharnent sur le partage de Jérusalem et de la terre d'Israel ne peuvent que s'attirer la foudre d'en Haut et c'est très bien pour eux, car Jérusalem est la capitale éternelle et indivisible d'Israel.Shalom!..