Kaesong – Panama: la Corée du Nord montre les dents pour défendre ses intérêts

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Le président nord-coréen, Kim Jong-Un, n'en finit plus d'inquiéter la communauté internationale (Photo: Archives/KCNA)
Le président nord-coréen, Kim Jong-Un, n’en finit plus d’inquiéter la communauté internationale (Photo: Archives/KCNA)

Le complexe industriel de Kaesong reste, pour l’heure, fermé après un nouvel échec des négociations inter-coréennes. Dans le même temps, Pyongyang vient d’exiger que le Panama laisse partir «sans délai» le cargo battant pavillon nord-coréen arraisonné la semaine dernière à l’entrée du canal avec des armes cubaines non déclarées. De nouvelles preuves du comportement dérangeant de Pyongyang sur la scène internationale.

«Les autorités panaméennes doivent laisser les marins qui ont été appréhendés et le navire partir sans délai», a déclaré, mercredi, le ministère nord-coréen des affaires étrangères. Pyongyang n’en démord pas et veut imposer ses règles aux yeux de la communauté internationale.

Le président du Panama, Ricardo Martinelli, a annoncé lundi que son pays avait arraisonné un navire nord-coréen, le Chong Chong Gang, venant de Cuba et soupçonné de transporter des composants de missiles.

Arrêtée le 10 juillet dernier, «cette cargaison ne contient rien d’autre que des armes obsolètes qui doivent être renvoyées à Cuba après qu’elles auront été modernisées (en Corée du Nord) conformément à un contrat légal», comme l’a affirmé la diplomatie nord-coréenne, citée par l’agence officielle KCNA.

Son homologue cubaine a, pour sa part, assuré qu’il s’agissait d’armes «défensives» et «obsolètes», datant de l’ère soviétique, et demandant une réparation, confiée à la Corée du Nord, avant un rapatriement sur l’île.

Une commission d’experts de l’ONU viendra étudier l’armement

Pour autant, le Panama a d’ores et déjà demandé la venue d’une commission d’experts des Nations unies. Cette dernière sera dépéchée sur place le 5 août, d’après le ministre panaméen de la Sécurité, José Raul Molino.

Elle devra étudier l’armement, saisi la semaine dernière, d’autant plus que Pyongyang est sous le coup d’un embargo sur le commerce des armes, mis en place par l’ONU dans le cadre des sanctions imposées à ce pays en raison de son programme nucléaire militaire.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a, de son côté, assuré qu’il était «certain» que le comité sur les sanctions du Conseil de sécurité «se saisirait rapidement» de l’affaire.

Le voisin sud-coréen n’a pas tardé, non plus, pour réagir à cette situation. «S’il se confirme que la cargaison viole les résolutions de l’ONU, nous attendons du comité de sanctions du Conseil de sécurité qu’il prenne des mesures rapidement», a déclaré, mercredi, le gouvernement sud-coréen.

Entre Pyongyang et Séoul, les relations restent toujours extrêmement tendues. L’événement panaméen vient une nouvelle fois le rappeler. D’autant plus que les négociations directes entre les deux pays n’avancent pas.

Nouvel échec des négociations concernant le site de Kaesong

Pour preuve, une quatrième réunion inter-coréenne concernant le complexe industriel de Kaesong n’a offert aucune conclusion concrète. Si ce n’est la tenue d’un nouveau rendez-vous, dès lundi prochain. Le chef de la délégation sud-coréenne, Kim Ki-woong, a notamment assuré qu’il existait «d’importantes divergences», à l’issue de cette réunion.

Selon l’agence KCNA, les négociateurs nord-coréens ont mis sur la table des «propositions sincères et concrètes». «Les discussions n’ont produit aucun résultat à cause des revendications déraisonnables et l’attitude non sincère (du Sud)», a-t-elle affirmé.

Après plus de trois mois de fermeture, Séoul veut à tout prix éviter de revivre une telle situation, extrêmement douloureuse sur le plan économique. Pour ce faire, les autorités sud-coréennes exigent la mise en place de mesures concrètes. Mais elles se heurtent, pour l’instant, à leurs homologues nord-coréennes, ces dernières ne souhaitant pas reconnaître l’entière responsabilité de cette situation.

Quitte à mettre son économie en péril, la Corée du Nord ne veut, en aucun cas, infirmer sa position sur le dossier de Kaesong. Du côté du Panama, elle assure de sa bonne foi et de son entière légalité. En attendant, la communauté internationale tente de réagir. Plus ou moins efficacement.


Cargo nord-coréen : «la cargaison d’armes nous appartient», dit Cuba – 16 juillet 2013 (Vidéo: Euronews)

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

DiscussionUn commentaire

  1. Dire que Castro disait dans les journaux que il ne voulait pas voir une guerre nucleaire, il contribue lui et son frere a contribué que la coré du nord réussisse a exécuter leur plan débile