La menace nord-coréenne retarde le transfert à Séoul du contrôle opérationnel en temps de guerre

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Le  Secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel et le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Kwan-jin, lors de la 12e Réunion de sécurité de l`Asie, le 1er juin 2013 (Photo: Archives/ DoD)
Le Secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel et le ministre sud-coréen de la Défense, Kim Kwan-jin, lors de la 12e Réunion de sécurité de l’Asie, le 1er juin 2013 (Photo: Archives/DoD)

Malgré le calme relatif aujourd’hui dans la péninsule, les récentes menaces nord-coréennes et le comportement passé de ses dirigeants ont miné la confiance envers Pyongyang et retarde encore le transfert des États-Unis du contrôle opérationnel à Séoul en temps de guerre.

Un responsable militaire a déclaré ce matin que la Corée du Sud avait demandé à nouveau à Washington de modifier le calendrier du transfert à Séoul du contrôle opérationnel (de ses troupes) en temps de guerre (OPCON), rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap.

Des consultations sont en cours selon l’agence entre les deux pays alliés et un membre important du gouvernement de Séoul aurait confirmé qu’une requête allant dans le sens du report du transfert de l’OPCON (prévu actuellement pour le 1er décembre 2015) avait été formulée, selon l’agence sud-coréenne.

«Le ministère de la Défense a proposé au gouvernement américain que les deux parties se préparent au transfert de l’OPCON tout en tenant compte de la situation actuelle en matière de sécurité, comme les problèmes croissants concernant le programme nucléaire de la Corée du Nord», a dit de son côté le ministère de la Défense sud-coréen dans un communiqué de presse. «En ce moment, des discussions ont lieu entre la Corée du Sud et les États-Unis.»

Même si, pour le moment, Pyongyang a mis un terme à ses invectives et ses menaces, encore tout récemment soit en février dernier, la Corée du Nord avait fait fi de l’opposition de la communauté internationale et effectué un troisième essai nucléaire et, au printemps, avait menacé de lancer des attaques nucléaires contre la Corée du Sud et les États-Unis, se disant menacée par les manœuvres militaires que les deux pays alliés organisent pourtant chaque année depuis fort longtemps en mars et avril.

Pour les États-Unis la passation de l’OPCON est une étape très importante de l’alliance entre Séoul et Washington, vieille de 60 ans cette année.

Même si Séoul a récupéré le contrôle opérationnel en temps de paix en 1994, le contrôle opérationnel en temps de guerre dans la péninsule coréenne est assuré par les États-Unis sous la bannière des Nations-Unies depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953).

Initialement, les deux pays avaient convenu du transfert de l’OPCON pour le 17 avril 2012, mais, peu après l’attaque à la torpille meurtrière contre la corvette sud-coréenne Cheonan par le Nord en mars 2010, Séoul avait demandé un report du calendrier au 1er décembre 2015, ce que Washington avait accordé compte tenu de la situation tendue qui prévalait alors.

La question de savoir si l’armée sud-coréenne est prête à ce changement de contrôle et à diriger une éventuelle guerre contre le Nord communiste avec les États-Unis dans un rôle de soutien uniquement se pose avec plus d’acuité aujourd’hui, alors qu’encore tout récemment le comportement erratique du nouveau leader nord-coréen faisait craindre le pire et que plusieurs observateurs se demandaient si le jeune Ki Jong Un saurait éviter d’aller trop loin.

En outre, si on se fie aux expériences passées, le calme pourrait n’être que provisoire.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Je suis d'avis que la coré du nord recule pour mieux bondir et il sera trop tard
    ils veulent faire un coup fumant pour montrer de ce qu'ils sont capables. Et ce sera un missile nucléaire diriger sur Guam ou le Japon