Le chef de la Coalition syrienne à Paris pour réclamer du soutien

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Le nouveau chef de l'opposition syrienne Ahmed Jarba à Istanbul, le 9 juillet 2013 (Photo: Syrian National Coalition Media)
Le nouveau chef de l’opposition syrienne Ahmed Jarba à Istanbul, le 9 juillet 2013 (Photo: Syrian National Coalition Media)

Fraîchement élu à la tête de la Coalition nationale syrienne, le nouveau chef de l’opposition Ahmed Jarba effectue mardi et mercredi une visite en France pour tenter de convaincre le président François Hollande de livrer des armes à la rébellion.

Arrivé mardi à la mi-journée à Paris, M. Jarba est accompagné de deux des trois vice-présidents de la Coalition, Suheir Atassi et Mohammed Farouk Tayfur, et du chef de l’Armée syrienne libre, le général Selim Idriss.

Ce dernier devrait présenter des demandes « en ligne avec ce qu’il avait proposé aux onze pays du Groupe des amis de la Syrie à Ankara à la mi-juin », selon une source diplomatique française. Des missiles anti-chars et anti-aériens figuraient sur cette liste.

M. Jarba doit être auditionné dans la soirée par la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il rencontrera François Hollande mercredi après-midi et devrait ensuite se rendre avec une partie de sa délégation au Nations unies à New York. Des visites en Grande-Bretagne et en Allemagne sont en préparation.

Alors que les pays occidentaux redoutent de faire parvenir à l’opposition syrienne des armes qui pourraient tomber dans les mains de groupes liés à al-Qaïda, M. Jarba devrait tenter de les convaincre que la Coalition qui a intégré des composantes laïques et des personnalités indépendantes, est une structure sur laquelle ils peuvent compter.

« La priorité pour la Coalition, c’est de pouvoir trouver des armes pour l’Armée libre non seulement parce que le régime de Bachar al-Assad reçoit énormément d’armes de Russie et d’Iran et a repris l’initiative sur quelques fronts mais aussi parce qu’il y a une nécessité de renforcer l’Armée libre face à certains groupes jihadistes qui s’installent de plus en plus dans le nord syrien », commente Ziad Majed, professeur à l’Université américaine de Paris.

Côté français, on préfère insister de source diplomatique sur la « perspective politique » de la visite des opposant syriens. « Avant tout, ils viennent rencontrer le président pour expliquer qui ils sont, quelle est leur stratégie, ce qu’ils veulent faire de la Coalition, ce qu’ils veulent faire de l’opposition mais aussi de la Syrie, et de quelle manière ils veulent représenter une alternative respectueuse des droits de citoyens et démocratique », souligne cette source.

Moment critique

L’Armée syrienne libre est en mauvaise posture sur plusieurs fronts et pour renverser la donne, le moment est d’autant plus critique que la période des vacances des politiques occidentaux approche et n’est pas propice à une mobilisation.

« Le régime syrien profite de cela », observe M. Majed qui poursuit: « le problème c’est que les Russes et les Iraniens n’attendent pas et continuent d’envoyer régulièrement des grandes quantités d’armes sur le terrain afin que le régime puisse avancer sur plusieurs fronts et créer un nouveau fait avant la rentrée ».

La rébellion, en difficulté dans plusieurs faubourgs de Damas a, en revanche, progressé dans la région d’Alep à Khan al-Assal, grâce, selon Ziad Majed, à des armes venues de Turquie et livrées probablement par l’Arabie saoudite.

La Grande-Bretagne a, comme la France, largement œuvré pour la levée de l’embargo européen sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne fin mai, mais Londres comme Paris ne se sont pas résolus à passer à l’acte.

« La France aide la Coalition nationale syrienne mais n’a pas livré d’armes létales, n’estimant pas suffisantes les garanties. Nous livrons du matériel non létal pour renforcer les capacités de l’opposition armée, comme par exemple des moyens d’observation et de communication sécurisés. Nous apportons également une assistance technique », a répété mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Philippe Lalliot.

« Le point vraiment important –et important aussi dans la perspective de la visite de M. Jarba– c’était l’inscription du Hezbollah libanais sur la liste des organisations terroristes de l’UE », dit-on de source diplomatique. Ce classement de la branche armée du Hezbollah chiite, dont les combattants se battent aux côtés des troupes de Bachar al-Assad, était réclamé par la Coalition syrienne.

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