Le général français Guibert à la tête de la mission européenne de formation au Mali

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Le général Lecointre, alors commandant la mission EUTM Mali, à Koulikoro en avril 2013, pour rencontrer le bataillon WARABA après une semaine de formation (Photo: Archives/EUTM-Mali)
Le général Lecointre, le prédécesseur du général Guibert à la tête de la mission EUTM Mali, à Koulikoro en avril 2013 pour rencontrer le bataillon WARABA après une semaine de formation (Photo: Archives/EUTM-Mali)

C’est demain 1er août que le général de brigade français Bruno Guibert prendra le commandement de la mission de l’Union européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), succédant au général François Lecointre, qui rejoindra le chef de l’État-major de l’armée de terre.

Dans ce Mali en reconstruction qui vient de tenir une élection présidentielle sans incidents majeurs, mais qui a mis en évidence la division entre le Nord et le Sud du pays était évidente, ce diplômé de Saint-Cyr, né en 1962, et son équipe multinationale vont diriger la formation du deuxième bataillon de l’armée malienne baptisé «Helou»(Élephant en tamachek, la langue touarègue).

Général Bruno Guibert (Photo: Préfecture de la Marne)

Les buts de la mission de formation de l’UE sont « la formation et l’entraînement de bataillons des forces armées maliennes, ainsi que d’unités d’appui tactique et de soutien logistique du combat, y compris en matière de droit humanitaire international, de protection des civils et de droits de l’homme».

«En outre», disait le communiqué de l’UE qui annonçait sa création en 2012 « la mission contribuera à améliorer le fonctionnement de la chaîne de commandement de l’armée au niveau logistique et opérationnel. De manière à assurer la pérennité des résultats obtenus, la mission EUTM Mali aidera également l’armée malienne à améliorer sa gestion des ressources humaines et ses capacités de formation. La mission n’exercera aucune fonction exécutive et ne participera pas aux actions opérationnelles.»

La mission avait finalement été lancée en avril dernier et devait permettre de former et entraîner près de 3 000 membres des forces maliennes dans une armée où «tout est à reconstruire», déclarait alors le commandant de la mission, le général François Lecointre.

La mission mobilise environ 550 hommes et un budget de 12,3 millions d’euros (16,8 millions $).

Outre une formation généraliste d’une durée de 10 semaines d’une durée de dix semaines, il faut aussi former des télécommunications, artillerie et en génie.

Des forces spéciales ainsi que des tireurs d’élite devront également être formés au cours de cette mission européenne à laquelle participe une centaine d’instructeurs de sept pays, à savoir la France (qui fournit le plus important contingent), le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande, la Lituanie, le Luxembourg et l’Irlande.

Le mandat de la mission s’arrête en mai 2014.

La mission manque de temps

Le prédécesseur du général Guibert, le général Lecointre, n’avait pas caché qu’il faudrait au moins un an de plus pour mener cette tâche à son terme.

Actuellement, le calendrier prévoit que l’EUTM Mali a jusqu’au mois de mars 2014 pour former quatre bataillons de l’armée malienne, de 700 hommes chacun; 2 800 soldats donc.

Lors d’une conférence de presse à Bruxelles ce mois-ci, peu après avoir rencontré plusieurs ambassadeurs et responsables de l’Union européenne, le général Lecointre avait déclaré «qu’il est clair que nous ne devrions pas nous limiter à entraîner la moitié de l’armée malienne. Il faut aussi former l’autre moitié – pas quatre bataillons, qui représentent aujourd’hui la moitié de l’armée malienne, mais plus».

La formation de quatre bataillons supplémentaires signifiera que la mission européenne devra être prolongée d’au moins une année, avait-il conclu.

D’autant plus, pourrait-on ajouter, que le Mali n’est pas «complètement stabilisé», selon le général français Grégoire de Saint-Quentin, patron de l’opération Serval qui vient d’être nommé chef des opérations spéciales, et qui soulignait récemment que « L’armée malienne a été défaite et ses matériels ont été détruits. Il faut du temps pour reconstruire tout cela dans un pays aussi vaste.»

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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