Le gouvernement de transition égyptien reçoit Catherine Ashton

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La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, le 10 juillet 2013 à Pristina, au Kosovo (Photo: Archives/Armend Nimani/AFP)
La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, le 10 juillet 2013 à Pristina, au Kosovo (Photo: Archives/Armend Nimani/AFP)

Le gouvernement de transition égyptien reçoit mercredi la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui vient plaider pour la relance d’un processus démocratique, dans un climat toujours marqué par des tensions avec de nouvelles manifestations au Caire.

A la mi-journée, plus d’un millier de partisans du président islamiste déchu, Mohamed Morsi, ont manifesté à proximité du siège du gouvernement, dans le centre de la capitale, a constaté un journaliste de l’AFP.

Chantant des slogans hostiles au nouveau pouvoir, ils n’ont pu approcher à moins de 200 mètres du bâtiment, dont l’accès est restreint de longue date et autour duquel les forces de l’ordre avaient établi un cordon de sécurité supplémentaire.

«Le gouvernement est illégitime», était-il écrit sur une banderole brandie par la foulée.

Aucun incident majeur n’a pour l’heure été signalé.

D’autres manifestations sont prévues en soirée par les pro-Morsi, après la rupture du jeûne du ramadan, au lendemain de la formation du gouvernement dirigé par Hazem Beblawi, un ancien ministre des Finances de 76 ans.

Des violences dans la nuit de lundi à mardi entre partisans de Mohamed Morsi et forces de l’ordre ont fait 7 morts et plus de 200 blessés au Caire. Elles ont entraîné quelque 400 interpellations.

Plus d’une centaine de personnes sont mortes dans des affrontements depuis la chute de M. Morsi, le 3 juillet.

La situation reste également tendue dans la péninsule du Sinaï, où les attaques contre la police et l’armée mais aussi des civils se sont intensifiées. Mardi soir, six soldats et deux civils ont été blessés dans une attaque au lance-roquettes par des inconnus dans la ville de Rafah, frontalière de l’enclave palestinienne de Gaza.

Au Caire, Catherine Ashton doit rencontrer le président par intérim Adly Mansour ainsi que M. Beblawi, mais aussi celui qui apparaît comme le nouvel homme fort du pays, le chef de l’armée, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi. Elle aura aussi un contact avec le nouveau chef de la diplomatie, Nabil Fahmy.

La responsable européenne, qui veut plaider pour un «retour le plus rapide possible à la transition démocratique», a également prévu des entretiens avec le mouvement Tamarrod (à l’origine des manifestations de masse qui ont précédé l’éviction de M. Morsi) ainsi qu’avec le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), bras politique des Frères musulmans, selon des sources diplomatiques.

Le nouveau gouvernement intérimaire égyptien du président par intérim Adly Mansour (c) le 16 juillet 2013 au Caire (Photo: Présidence égyptienne/AFP )

Le gouvernement, qui a prêté serment mardi, reflète les diverses composantes de l’opposition laïque qui accusait M. Morsi d’avoir perdu toute légitimité face aux manifestations monstres réclamant son départ.

Il ne comprend aucune formation islamiste.

Les Frères ont déclaré mardi qu’ils ne reconnaissaient «ni légitimité, ni autorité» à ce gouvernement, qu’ils accusent d’avoir été installé à la faveur d’un coup d’État militaire contre le premier président librement élu.

Le nouveau cabinet compte par ailleurs trois femmes ainsi que trois coptes, une communauté chrétienne très hostile à l’ancien président islamiste.

La transition politique post-Morsi doit mener à l’adoption d’une nouvelle Constitution, puis à des législatives d’ici début 2014, avant la tenue d’une nouvelle présidentielle.

Outre les tensions dans la rue et l’instabilité dans le Sinaï, le nouveau gouvernement devra faire face à une grave crise économique qui a pesé au détriment de M. Morsi.

La présidence a exhorté mardi toutes les forces politiques à participer à ses «efforts» de «réconciliation nationale».

Mais les nouvelles autorités ont aussi récemment engagé des poursuites contre plusieurs hauts responsables de la confrérie, dont son Guide suprême, Mohamed Badie. La détention préventive de certains d’entre eux a été prolongée pour 15 jours mercredi, selon des sources judiciaires.

M. Morsi est lui toujours détenu dans un lieu tenu secret, malgré les appels à sa libération, de Washington notamment.

Mercredi, Amnesty International a critiqué l’attitude des nouvelles autorités face aux manifestants pro-Morsi, relayant des accusations de mauvais traitements (coups, chocs électriques) à la suite de leur arrestation. L’ONG a appelé à l’ouverture «urgente» d’une enquête.

Lundi, le secrétaire d’État adjoint William Burns avait appelé à l’apaisement et au dialogue «entre toutes les parties». Il avait rencontré au Caire des membres du nouveau pouvoir, mais ni Tamarrod, ni les Frères musulmans.

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