L’Iran construit un nouveau site nucléaire secret, selon des opposants

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Un nouveau site secret du projet nucléaire iranien, près de Damavand, dans la province de Téhéran, serait en train de voir le jour (Photo: Archives/Alberto Otero García/Wikimedia Commons)
Un nouveau site secret du projet nucléaire iranien, près de Damavand, dans la province de Téhéran, serait en train de voir le jour (Photo: Archives/Alberto Otero García/Wikimedia Commons)

Dans un communiqué publié, ce jeudi, les opposants en exil de l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) ont affirmé avoir obtenu des informations sur un nouveau site secret du projet nucléaire iranien. Celui-ci serait installé près de Damavand, dans la province de Téhéran.

Moins d’un mois après l’élection du modéré Hassan Rohani à la tête de la République islamique d’Iran, le nucléaire revient sur le devant de la scène. Alors que les négociations internationales restent au point mort, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dont font partie les Moudjahidine du peuple, évoque la construction d’un nouveau site en lien avec les activités nucléaires du régime.

«Le réseau de l’organisation des Moujahidine du peuple à l’intérieur de l’Iran a obtenu des informations fiables sur un nouveau site totalement secret destiné au projet nucléaire du régime, recueillies au fil d’un an auprès d’une cinquantaine de sources dans divers organes du régime», assure le communiqué, publié ce jeudi.

À l’issue de ces recherches approfondies, le CNRI a ainsi pu dévoiler le nom de code de ce projet, à savoir «Ma’adane-e Charq’ [qui signifie littéralement «la mine de l’Est», du nom d’une mine proche]» ou «Projet Kossar». Le site serait situé «dans une série de tunnels sous la montagne dans les environs de la ville de Damavand», située dans la province de Téhéran.

La construction de la deuxième phase du site vient de débuter

«La construction de la première phase de ce site a débuté en 2006 et a été récemment achevée», précise le CNRI. Elle comprend «le creusement des tunnels, quatre entrepôts dans la zone extérieure, les installations du site, la zone du site et la construction de routes pour le site».

Ensuite, «la construction de la deuxième phase de ce site a commencé récemment […]. Il est prévu de construire 30 tunnels et 30 entrepôts dans cette deuxième phase».

«Il est significatif que la société Iman Gostaran Mohit supervise ce projet et contrôle les sections traitant des aspects nucléaires, biologiques et chimiques. Le directeur général d’Iman Gostaran Mohit est Mohsen Fakhrizadeh, le personnage-clé du programme nucléaire du régime iranien», ajoute le communiqué.

Ces nouvelles révélations viennent relancer un peu plus la méfiance de la communauté internationale à l’égard des ambitions iraniennes. Téhéran est soupçonné d’abriter un programme d’enrichissement d’uranium à des fins militaires, en vue d’obtenir l’arme atomique.

Mais l’ancienne présidence, symbolisée par Mahmoud Ahmadinejad, a toujours martelé que ce programme n’avait que des visées civiles, permettant ainsi d’assurer les besoin énergétiques de la population.

Le CNRI appelle l’AIEA à «visiter rapidement ce site»

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tente, en vain, de négocier avec les autorités iraniennes pour éclaircir ce dossier épineux du nucléaire. Mais l’instance onusienne se heurte, depuis de longs mois, au manque de transparence de Téhéran. Pour preuve, l’AIEA n’a pu rencontrer Mohsen Fakhrizadeh, un officier supérieur des pasdarans, le corps des Gardiens de la révolution islamique.

Le CNRI a exhorté l’agence basée à Vienne à «visiter rapidement ce site», afin de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à cette progression du programme nucléaire iranien. «Ces révélations démontrent une fois de plus que le régime des mollahs n’a aucune intention de stopper ou même de suspendre son projet de fabrication d’arme nucléaire», assure le CNRI.

En tout cas, l’AIEA n’a pas l’intention de renoncer à sa mission. Selon une source diplomatique, l’agence pourrait reprendre les discussions avec les autorités iraniennes dès le mois d’août prochain.

D’autant que l’arrivée au pouvoir d’un modéré, Hassan Rohani, élu le 14 juin dernier, a relancé les espoirs d’une résolution de ce conflit. Pour autant, le CNRI appelle à la plus grande prudence quant à ses intentions. «Le considérer comme un modéré ou porter sur lui un espoir de changement est une erreur terrible», conclue-t-il.

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Journaliste pour 45eNord.ca, Gaëtan Barralon étudie les nouvelles pratiques journalistiques à l'Université Lumière Lyon 2 (France). Titulaire d'une licence en Information­-Communication, Gaëtan s'intéresse aux enjeux internationaux à travers l'analyse des différents conflits mondiaux.

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