Premier tour des élections présidentielles aujourd’hui au Mali

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Débarquement du matériel électoral transporté par la MINUSMA en prévision des élections du 28 juillet au Mali (Photo: Blagoje Grujic/Minusma)
Débarquement du matériel électoral transporté par la MINUSMA en prévision des élections du 28 juillet au Mali (Photo: Blagoje Grujic/Minusma)

C’est aujourd’hui, sous haute surveillance internationale, qu’aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle pour choisir le nouveau président, du Mali, encore instable et fragile après un an et demi de conflit politique et militaire, mais qui devrait pouvoir compter sur le soutien de la communauté internationale qui a promis plus de trois milliards d’euros d’aide.

Ce scrutin, une étape importante dans la restauration de l’ordre constitutionnel, du dialogue national et de la réconciliation au Mali, doit ouvrir la voie à un véritable processus de paix et de stabilisation au Mali.

Alors que le Mali se préparait à la tenue de son scrutin, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a réitéré vendredi son appel à la tenue d’un processus pacifique, crédible et transparent qui soit conforme aux aspirations du peuple malien, rapporte le service d’information de l’ONU.

L’Organisation internationale a déployé au Mali la «Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali»,  la MINUSMA , devenue pleinement opérationnelle le 1er juillet dernier, qui contribuera à ce que le processus électoral se déroule de manière ordonnée, la sécurité du scrutin étant assurée par les quelque 6 300 soldats de la MINUSMA, aidée des 3 200 soldats français encore présents au Mali.

L’élection pourra se tenir partout au Mali, le Gouvernement malien et les rebelles touaregs ayant signé le 18 juin un accord qui a ouvert la voie à la tenue de l’élection à Kidal, dans le nord-est du pays, jusque là occupée par les Touaregs qui refusaient la présence de l’armée et de l’administration sur leur territoire.

Vingt-sept candidats se présentent dimanche au premier tour de la présidentielle qui devrait être suivi le 11 août d’un second tour entre les deux candidats arrivés en tête.

L’ex-Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale Ibrahim Boubacar Keïta, 69 ans, et l’ex-ministre des Finances et ex-dirigeant de l’Union économique et monétaire (Uémoa) Soumaïla Cissé, 63 ans, sont les deux grands favoris, suivis d’un autre ancien Premier ministre, Modibo Sidibé, 60 ans.

Un des candidats les plus connus, Tiébilé Dramé, qui avait représenté le gouvernement malien aux nécociations en juin à Ouagadougou entre Bamako et la rébellion touareg, et qui avait demandait un report du scrutin, a retiré sa candidature pour protester contre la mauvaise préparation du scrutin.

Certains observateurs ont en effet déploré la forte pression exercée par la France sur le régime de transition à Bamako pour qu’il organise au plus vite des élections au plus vite, craignant que cette précipitation qui n’aboutisse aboutir à un scrutin bâclé et à des résultats contestés.

Si 85% des cartes des 6,9 millions d’électeurs ont été distribuées, rapportait pour sa part l’AFP, plusieurs obstacles subsistaien au bon déroulement du scrutin, notamment le redéploiement inachevé de l’administration centrale dans le Nord et l’absence de de 500 000 réfugiés et déplacés ayant fui le conflit et dont la plupart risquent de ne pas pouvoir voter.

Des bureaux de vote ont été installés à Mbéra, en Mauritanie, l’un des plus grands camps de réfugiés maliens, dont plus 11 000 sur 70 000 vont pouvoir voter, rapportait l’agence française, mais, dans le camp de Goudébou, au Burkina Faso, les quelque 10 000 réfugiés attendaient toujours leurs cartes d’électeur.

En outre, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest, le MUJAO, l’un des groupes jihadistes qui ont occupé le Nord pendant neuf mois, a menacé de frapper les bureaux de vote et mis en garde garde «les musulmans maliens contre la participation à ces élections», rapportait aussi l’agence de presse.

«Les bureaux et les lieux de vote de ce qu’on appelle les élections (présidentielles) seront pris pour cible par les frappes des moujahidines», a menacé le MUJAO dans un communiqué diffusé par l’Agence Nouakchott information , ajoutant que les services gouvernementaux, les casernes de l’armée et de la gendarmerie malienne seront également les cibles de ses attaques.

Malgré tout cela, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, admettant que cette élection présidentielle serait imparfaite, ont toutefois prévenu qu’il faudrait néanmoins en accepter les résultats.

Ban Ki-moon a souligné  encore une fois vendredi la nécessité de résoudre tout différend par des moyens pacifiques et juridiques.

Louis Michel, chef de la centaine d’observateurs de l’Union européenne déployés au Mali, a pour sa part abondé dans le même sens vendredi, affirmant que, toutes imparfaites soit-elles, «ces élections peuvent se dérouler dans un contexte et dans des conditions acceptables qui ne permettront pas une interprétation ou un dévoiement du résultat».


Derniers préparatifs chaotiques avant le scrutin (Vidéo: TV5 Monde)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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