RDC: encore des accusations de torture contre les Forces congolaises

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Des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (Photo: Archives/IRIN)
Des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (Photo: Archives/IRIN)

Alors que les combats se poursuivaient encore hier entre les rebelles du M23 et l’armée régulière autour de la ville de Goma, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a exprimé jeudi sa vive préoccupation concernant les allégations de mauvais traitements de détenus du M23 et de profanation de cadavres des combattants du M23 par les forces armées congolaises, rapporte le service d’information de l’ONU.

«La Mission de stabilisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) a soulevé cette question au plus haut niveau avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et se félicite des mesures prises par l’armée congolaise pour donner suite à ces allégations et sanctionner les auteurs de ces actes», a déclaré le porte-parole de du Secrétaire général dans un communiqué.

Conformément à la politique de diligence des Nations Unies en matière des droits de l’Homme, dit l’ONU, la MONUSCO a lancé le processus de réexamen de son soutien aux unités des FARDC soupçonnées d’être impliquées dans ces incidents.

«Le Secrétaire général appelle la République démocratique du Congo à poursuivre en justice les auteurs de tels actes et souligne que les mauvais traitements infligés aux détenus constituent une violation des droits de l’homme et du droit humanitaire international», a précisé le porte-parole, ajoutant que le «Secrétaire général invitait les parties à faire preuve de retenue et réaffirmait l’importance de travailler dans le cadre de l’Accord pour la Paix, la Sécurité et la Coopération afin de s’attaquer aux causes profondes du conflit en République démocratique du Congo.»

La torture, problème récurrent

En RDC, où il semble y avoit une «culture de la torture», ce problème de la torture est récurrent.

Deux ans après la promulgation de la loi portant criminalisation de la torture, le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’homme (BCNUDH) s’était félicité le 9 juillet dernier des avancées dans la lutte contre ce fléau et des premières condamnations d’agents étatiques pour avoir pratiqué ou encouragé la torture en RDC.

Cinq militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), cinq agents de la Police Nationale Congolaise, un agent de l’Agence nationale de renseignements et une autorité administrative avaient alors été condamnés pour avoir pratiqué ou encouragé la torture.

Toutefois, malgré les progrès réalisés jusqu’à maintenant, le BCNUDH disait continuer dans le cadre de ses activités de surveillance et d’enquête d’enregistrer des cas de torture dans toutes les provinces du pays, soulignant que, malgré les progrès considérables faits depuis la promulgation de la loi criminalisant la torture, des défis importants subsistent en vue de son éradication.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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