Senkaku/Diaoyu: cette fois-ci les navires chinois sont «armés et dangereux»

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Un navire des garde-côtes chinois au large des îles Senkaku, le 24 juillet 2013 (Photo: Japan Coast Guard/AFP)
Un navire des garde-côtes chinois au large des îles Senkaku, le 24 juillet 2013 (Photo: Japan Coast Guard/AFP)

Quatre navires du nouveau «Corps des garde-côtes chinois», au lieu de simples navires de surveillance, ont patrouillé vendredi matin autour des îles Senkaku, revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu, faisant craindre un incident armé à tout moment entre les deux pays qui se disputent la souveraineté de ces îles.

Tout récemment, le 24 juillet, quatre navires des garde-côtes chinois s’étaient approchés des eaux territoriales de l’archipel, mais en étaient restés à la limite, alors qu’aujourd’hui les navires chinois ont pénétré dans les eaux territoriales qu’ils ont quittées au bout de trois heures vers 13h30 locales (00h30, Montréal).

Ce n’est pas, loin de là, la première fois que des navires chinois croisent ainsi dans les eaux territoriales des Senkaku/Diaoyu, mais il s’agissait cette fois, non pas de simples navires de surveillance , mais de véritables «garde-côtes».

La Chine a annoncé en effet cette semaine le regroupement de plusieurs unités maritimes sous l’appellation unique d’un «Corps de garde-côtes» qui intègre maintenant les fonctions de l’application de la loi maritime des quatre organismes chargés auparavant de l’administration de la pêche, de la surveillance maritime, de l’application des mesures douanières et du contrôle aux frontières.

Le nouveau «Corps des garde-côtes» a officiellement dévoilé sa plaque lundi, rapporte aujourd’hui l’agence officielle chinoise et,aujourd’hui, vendredi, faisait sa première incursion dans kles eaux territoriales des îles convoitées par le Japon et la Chine.

Contrairement aux navires qui croisaient auparavent dans cette zone, les nouveaux «garde-côtes», sont autorisés à embarquer un armement léger, ce qui entraîne un risque accru d’incident sérieux.

L’affrontement se poursuit

Depuis son retour au pouvoir en décembre dernier le, premier ministre japonais, Shinzo Abe, un nationaliste intransigeant, a fait augmenter le budget militaire du Japon et prévenu qu’il voulait amender la Constitution pacifiste imposée au pays par l’occupant américain après la capitulation nippone de 1945.

Shinzo Abe a annoncé une ligne ferme sur le contentieux maritime avec Pékin, prévenant en avril dernier que le Japon repousserait au besoin par la force tout débarquement chinois sur les Senkaku.

Le gouvernement japonais a d’ailleurs fait part de son intention de constituer d’ici tout au plus trois ans une force spéciale de 600 hommes et 12 navires pour surveiller et protéger l’archipel des Senkaku.

De plus, aujourd’hui, le ministère japonais de la Défense a déclaré qu’il estimait que vendredi que le pays devait se doter de drones de surveillance maritime et d’unités amphibies pour protéger ces îles, dont la Chine lui dispute la souveraineté.

Quant à la Chine, qui revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, plaque tournante de routes maritimes vitales pour le commerce mondial, et qui renferme des réserves potentielles de pétrole et de gaz ainsi que d’importantes ressources halieutiques qui excitent la convoitise de nombreux pays, elle demeure intraitable quand il s’agit de ses revendications territoriales dans cette région et a fait savoir tout récemment encore qu’elle entendait bien poursuivre ses patrouilles.

L’Administration nationale des affaires océaniques chinoise, confirmant qu’une flotte «composée de quatre navires de la Garde côtière de Chine (GCC) a effectué vendredi des patrouilles dans les eaux territoriales du pays autour des îles Diaoyu», a annoncé, selon ce que rapporte l’agence officielle Chine Nouvelles, que cette flotte constituait «un message clair sur la position de Beijing quant à la souveraineté de la Chine sur les îles Diaoyu aux navires japonais qui y naviguaient, en violation de la souveraineté chinoise.»

Les navires japonais, dit encore la Chine ont ainsi reçu l’ordre de quitter immédiatement ce que Pékin considère comme «les eaux territoriales chinoises.»

Face à ces tensions maritimes croissantes , le président américain Barack Obama avait à la mi-juillet mis en garde la Chine contre l’usage de la force ou de l’intimidation dans ses conflits maritimes et «pressé la Chine de gérer pacifiquement ses conflits maritimes avec ses voisins, sans utiliser l’intimidation ou la coercition».

Le problème avec le nouveau «Corps des garde-côtes» c’est que, lorsqu’on a un nouveau «jouet», on a souvent très envie de s’en servir!

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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