Somalie: attentat contre l’ambassade turque à Mogadiscio

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Des membres des forces de sécurité somaliennes sur les lieux d'un attentat-suicide, le 5 mai 2013 à Mogadiscio (Photo: Archives/Mohamed Abdiwahab/AF/AFP)
Des membres des forces de sécurité somaliennes sur les lieux d’un attentat-suicide, le 5 mai 2013 à Mogadiscio (Photo: Archives/Mohamed Abdiwahab/AF/AFP)

L’ambassade de Turquie à Mogadiscio a été la cible samedi après-midi d’un attentat-suicide à la voiture piégée qui a fait au moins un mort et trois blessés parmi les policiers turcs en charge de la protection de l’enceinte diplomatique, rapporte l’AFP.

Un kamikaze a précipité son véhicule rempli d’explosifs contre une porte d’entrée de l’ambassade, près d’un bâtiment où résident les diplomates, rapporte l’agence.

«Un de nos policiers des forces spéciales chargés de la garde du bâtiment auxiliaire de l’ambassade visé par l’attentat a malheureusement perdu la vie […]», a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué publié à Istanbul qui précise en outre que trois autres policiers turcs ont été blessés, dont un gravement.

Selon une source diplomatique turque ayant requis l’anonymat, dit l’agence française, l’attaque a été menée par trois kamikazes.

Deux d’entre eux ont été tués par les services de sécurité de l’ambassade avant qu’ils puissent actionner leur bombe tandis que le troisième a pu se faire exploser.

Depuis que les islamistes shebabs ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 par une force de l’Union africaine (Amisom), la Turquie est très active en Somalie, notamment dans le domaine humanitaire et de la reconstruction.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait même effectué une visite officielle dans la capitale malienne peu après que les shebabs en eurent été chassés.

À l’issue d’un difficile processus parrainé par la communauté internationale visant à reconstruire l’État central somalien qui s’était écroulé avec la chute du dictateur Mohammed Siad Barre en 1991, un nouveau gouvernement dirigé par Hassan Cheikh Mohamoud a été mis en place en septembre 2012.

Le nouveau gouvernement somalien peine toutefois à asseoir son autorité en dehors de Mogadiscio et, même dans la capitale, les attentats, pour la plupart attribués aux shebabs, restent très fréquents.

Mi-juin, lors de l’attaque par un commando shebab du principal complexe de l’ONU dans la capitale somalienn, huit personnes travaillant pour l’ONU, dont cinq Somaliens, deux Sud-Africains et une Kényane, avaient été tués, ainsi que trois civils somaliens qui ont été pris dans les échanges de tirs entre membres du commando shebabs et les forces somaliennes et de l’Union africaine (AMISOM).

«L’opération était destinée à montrer à l’ONU qu’elle ne trouverait aucun refuge sûr en Somalie», avait alors déclaré un porte-parole des shebabs.

Le mois précédent, en mai, 11 personnes avaient été tuées dans un attentat suicide à Mogadiscio, 48 heures avant une conférence internationale sur la Somalie à Londres, quand un kamikaze avait lancé son véhicule chargé d’explosifs contre un véhicule gouvernemental blindé à un carrefour, dans un quartier animé de la capitale somalienne.

En avril, double attentat à Mogadiscio avait tué 34 civils et entraîné la mort des neuf membres du commando islamiste, et la liste des attentats pourrait se continuer indéfiniment.

Malgré la présence des 17 000 hommes de l’Union africaine déployée en soutien aux autorités officielles et une série de revers militaires dans le sud et le centre du pays, les shebabs constituent toujours une menace, restent puissants dans les zones rurales et n’hésitent pas à mener des attaques de commandos dans la capitale.

Ils sont en outre également soupçonnés d’avoir infiltré les forces de sécurité somaliennes.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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