Syrie: combat à finir entre les Kurdes et les groupes djihadistes

Un combattant kurde, le 21 avril 2013 à Alep (Photo: Archives/AFP)
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Un combattant kurde, le 21 avril 2013 à Alep (Photo: Archives/AFP)
Un combattant kurde, le 21 avril 2013 à Alep (Photo: Archives/AFP)

Une trentaine de combattants djihadistes et kurdes ont été tués en deux jours dans le nord de la Syrie, après la cuisante défaite infligée hier par les unités de défense des Comités de protection du peuple kurde (YPG), une milice liée au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dans la ville de Ras al-Aïn aux groupes islamistes radicaux affiliés à Al-Qaïda.

«Au moins 19 combattants du front (jihadiste) Al-Nosra et 10 combattants kurdes ont été tués depuis avant-hier (mardi) lors de violents affrontements qui se poursuivent dans la région pétrolière de Hassaka», a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un organisme indépendant basé en Grande-Bretagne, mais qui s’appuie sur un réseau de militants, médecins et travailleurs sur le terrain en Syrie

L’OSDH rapporte aujourd’hui que le YPG a pris le contrôle du village de Qasrouk, à 15 km au sud de Nahiyat Jel Agha (al-Jawadiya), après de violents affrontements avec les combattants du front Al-Nousra qui étaient basés dans le village.

Le YPG s’est aussi emparé de la région pétrolifère d’Al-Sweidiya où toutefois se poursuivent les affrontements.

Pour leur part, le Front Al-Nousra et l’EIIL (l’État islamique d’Irak et du Levant) ont bombardé la ville de Raïs al-Aïn dont les deux groupes djihadistes avaient été chassés la veille par les unités de défense kurdes du YPG.

Un groupe de rebelles aurait aussi enlevé 19 étudiants universitaires kurdes sur la route menant de à Al-Hasaka à Tamer et les auraient ont emmenés vers une destination inconnue.

En outre, selon l’OSDH, de violents affrontements se poursuivent encore entre les unités de défense kurdes (YPG) et le front al-Nusra dans les villages de Tal A’lo, Karhouk et Agha.

Depuis le début du conflit, les Kurdes ont été attaqués de toute part. Ils ont subi, depuis le début de la guerre civile, les attaques répétées des groupes islamistes dont al-Nosra et des groupes liés à l’armée syrienne libre (ASL), notamment dans la région d’Afrin, ainsi que les attaques du régime de Bachar al-Assad.

Depuis le 19 juillet 2012, les Kurdes, qui tentent de se tenir loin du conflit et de préserver leur autonomie, ont tout de même réussi à prendre le contrôle de neuf villes dans leur région et, dans le cas de Rass al-Ains, un accord sur la cessation des hostilités entre les Kurdes et l’armée syrienne libre (ASL) avait été conclu le 17 février 2013.

Toutefois, il en a été autrement avec les groupes islamistes.

Les combattants d’Al-Nousra faisaient pression depuis le début du mois du ramadan sur les habitants pour qu’ils observent le jeûne, et s’en prenaient aux femmes ne portant pas le voile, ce qui est le cas des célèbres combattantes kurdes.

Les affrontements auraient éclaté quand, il y a deux jours, les djihadistes du front Al-Nousra et de l’EIIL ont attaqué une patrouille du YPG et kidnappé un combattant kurde.

Ces accrochages surviennent au moment où les tensions sont déjà fortes entre les rebelles modérés, soutenus par des pays arabes et occidentaux et représentés par l’Armée syrienne libre (ASL) et Al-Nosra et l’EIIL, qui se montrent de plus en plus agressifs et multiplient les attaques, meurtres et enlèvements.

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