Syrie: les forces d’Assad piétinent tandis que les bombardements se poursuivent

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Un bombardement dans la province de Homs le 2 juin 2013 (Photo: Shaam News Network/AFP)
Un bombardement dans la province de Homs le 2 juin 2013 (Photo: Shaam News Network/AFP)

Sur la ville Homs, stratégiquement mais tragiquement située dans le centre de la Syrie, les bombardements de l’aviation syrienne se poursuivaient jeudi, tandis qu’au sol piétinaient les forces du régime, incapables jusqu’à présent de faire une percée dans les quartiers de Khaldiyé, Hamidiyé et de la Vieille ville, toujours occupé par les rebelles, rapporte l’Observatoire syruen des droits de l’Homme (l’OSDH).

Le contrôle de Homs, qui a déjà été surnommée la «capitale de la révolution», est d’une importance stratégique considérable pour les forces du régime qui cherchent à isoler le sud de la province d’Hama et le nord de la province de Homs pour couper la route d’approvisionnement entre les deux provinces.

«Les appareils militaires [syriens]ont mené quatre raids contre Khaldiyé (nord) qui a été avec la Vieille ville cible d’un intense bombardement», rapporte l’OSDH, précisant que «Des combats sporadiques se déroulent aux abords de Khaldiyé».

Les rebelles syriens retranchés dans ces quartiers de Homs résistent encore aujourd’hui à l’assaut de forces du régime et à leurs alliées du mouvement chiite libanais Hezbollah lancé samedi pour reprendre le contrôle des 1 à 2 km² que les insurgés défendent avec acharnement.

En outre, selon les estimations de l’ONU, plus de 2 500 civils sont dans l’incapacité de quitter Homs, bloqués au milieu des combats.

Le Secrétaire général des Nations Unies s’était d’ailleurs dit mardi vivement préoccupé par l’escalade du conflit en Syrie, en particulier à Homs et avait appelé les parties belligérantes à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter les victimes civiles, autoriser l’acheminement immédiat de l’aide humanitaire et permettre aux civils retenus à Homs de pouvoir quitter la ville sans peur d’être poursuivis.

Le régime syrien, pour sa part, affirme aujourd’hui que les civils sont «utilisés comme boucliers humains par des groupes terroristes» et a «appelé la Croix-Rouge à coopérer avec le Croissant Rouge pour évacuer les civils bloqués dans la vieille ville de Homs», aurait indiqué une source au sein du ministère syrien des Affaires étrangères, citée par la télévision d’État syrienne.

Pendant ce temps, dans la capitale, un adjoint du ministre syrien du Travail a été blessé par une bombe magnétique placée sous sa voiture à Baramké, dans le centre de Damas, rapporte aussi l’OSDH qui fait également mention du bombardement du camp palestinien de Yarmouk à Damas et de la mort de six personnes à Cheikh Miskeen, dans la province méridionale de Deraa.

Le bilan de l’OSDH pour hier, mercredi, se lisait comme suit: au moins 110 morts, dont 35 civils, 52 rebelles et 23 membres des forces du régime. Le conflit qui en est à sa troisième année a fait jusqu’à maintenant, selon les dernières estimations de l’ONU plus de 100 000 morts.


Les bombardements de l’aviation syrienne se poursuivaient sur Homs jeudi, tandis qu’au sol piétinaient les forces du régime (Vidéo: Souria)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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