Syrie: il faut poursuivre la pression militaire pour arriver à une solution politique, dit Hollande

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Le Président français François Hollande a reçu le 24 juillet 2013 le nouveau chef de la COalitiion nationale syrienne, Ahmad Jarba, à l'Élysée (Photo: Présidence française)
Le Président français François Hollande a reçu le 24 juillet 2013 le nouveau chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Jarba, à l’Élysée (Photo: Présidence française)

En recevant mercredi pour la première fois à l’Élysée le nouveau chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Jarba, le président François Hollande a redit que pour la France, «qui fut le premier pays à reconnaître sa légitimité», la Coalition est la seule représentation légitime du peuple syrien et affirmé qu’il était nécessaire de poursuive la pression militaire pour arriver à une solution politique.

«Nous avons deux objectifs, a dit le président français, le premier, c’est de soutenir la coalition avec la volonté qu’elle puisse réunir toutes les forces démocratiques de la Syrie. Nous avons un deuxième objectif, c’est poursuivre la pression politique militaire.»

Pour François Hollande, «C’est la responsabilité de la coalition et de son armée pour réussir Genève II. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons appuyer, accompagner la coalition dans tous les contacts qu’elle pourra avoir pour lui donner tous les éléments lui permettant de venir dans les meilleures conditions à la conférence qui, enfin, règlera politiquement la question de l’avenir de la Syrie.»

Le chef de l’État français a tenu aussi à faire une nette distinction entre les groupes extrémistes, dont la présence fait hésiter plusieurs pays dans leur soutien à la rébellion, et la Coalition «rappelant […] que cette coalition combat le régime de Bachar Al-Assad et n’a rien à voir avec les groupes extrémistes qui s’emparent de la situation en Syrie pour faire valoir d’autres intérêts que ceux du peuple syrien.»

Par ailleurs, «La France est aux côtés de la Coalition et travaille sur le plan politique et humanitaire, et aussi sur le plan des couloirs qui pourront être ouverts pour apporter des soutiens indispensables à la population», a dit encorte le président Hollande.

Ahmad Jarba pour sa poart a qualifié la réunion de «fructueuse», déclarant à l’issue de celle-ci «Nous sommes heureux d’avoir entendu le Président parler de l’aide humanitaire, du soutien, de la possibilité de couloirs ou de passages humanitaires, également du soutien politique qui était acquis de la part de la France en Europe et également dans le cadre des Nations unies. Je vous remercie.

Publiquement, ni le président français, ni son invité, n’ont abordé directement la la question des livraisons éventuelles d’armes réclamées par l’opposition, mais l’agence française France-Presse rapporte que, «selon une source diplomatique»,ce thème qui a été abordé pendant l’entretien de près d’une heure entre le chef de l’État et la délégation syrienne.

Le chef de l’Armée libre syrienne (opposition armée), le général Selim Idriss, faisait d’ailleurs partie de cette délégation qui, toutjours selon la «source diplomatique» de l’agence française, «a fait valoir [pendant l’entretien]qu’il fallait prendre en compte la question des armes et a noté le besoin de la population de se défendre».

Sur la question des couloirs humanitaires, la source de l’agence de presse aurait toutefois «estimé qu’il y avait pour l’instant zéro chance de voir le Conseil de sécurité de l’ONU adopter une résolution en ce sens, en raison de la position de la Russie qui a déjà opposé à trois reprises son veto sur des résolutions mettant la pression sur Bachar al-Assad.»

Pendant ce temps à Washington

Pendant ce temps, les militaires américains ont commencé à envisager des options militaires en Syrie.

À la mi-juin, Washington s’était engagé à offrir une aide militaire aux rebelles, après être parvenu à la conclusion que les forces de Bachar al-Assad avaient franchi la «ligne rouge» en recourant à un arsenal chimique.

L’administration Obama n’avait toutefois pas précisé quelle forme pourrait prendre cette aide militaire, armer les rebelles ou établir une zone d’exclusion aérienne.

Cette semaine, le général Martin Dempsey, chef d’état-major de la Défense américaine, a présenté cette semaine au Sénat plusieurs scénarios d’intervention possibles dans ce pays.

Il a présenté cinq types de missions que pourraient effectuer les troupes américaines si le Président le demande: entraîner et conseiller les rebelles, exécuter de frappes aériennes ciblées, mettre en place une zone d’exclusion aérienne, créer de zones refuges pour les opposants à Bachar al Assad et assurer le contrôle des armes chimiques.

Alors que le régime Assad n’a pas cessé de gagner du terrain sur l’opposition depuis que le mouvement chiite libanais Hezbollah combat à ses côtés et que les rebelles quant à eux sont divisés entre combattants modérés, représentés par l’Armée syrienne libre, et djihadistes du Front Al-Nousra et de l’Émirat islamique en Irak et au Levant (EIIL), les puissances amis de l’opposition au régime de Damas envisagent d’augmenter leur aide de façon à ce que l’opposition syrienne puisse au moins arriver à une conférence de paix dans une position qui lui permette de négocier.


Le président français François Hollande a reçu le 24 juillet à l’Élysée le chef de la Coalition nationale syrienne, Ahmad Jarba (Vidéo: Présidence française)

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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