Syrie: les djihadistes chassés sans ménagement par les Kurdes d’une localité frontalière

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Un combattant kurde de la brigade Salahadin le 6 décembre 2012 dans l'est d'Alep, en Syrie (Photo: Archives/AFP)
Un combattant kurde de la brigade Salahadin le 6 décembre 2012 dans l’est d’Alep, en Syrie (Photo: Archives/AFP)

Des combattants kurdes syriens ont chassé les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda d’une localité frontalière de la Turquie et du poste-frontière par lequel ils pouvaient transiter pour accéder au territoire syrien à la suite de violents combats, rapporte mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un organisme basé en Grande-Bretagne, mais qui s’appuie sur un vaste réseau de militants, de médecins et de travailleurs sur le terrain.

Dans la province d’Al-Hasaka, 9 combattants du front al-Nousra et de l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) ont été tués jusqu’ici au cours des dernières 24 heures dans des affrontements avec les unités de défense des Comités de protection du peuple kurde (YPG) dans la ville de Ras al-Aïn.

Un combattant kurde a été tué dans ces affrontements dans le quartier al-Mahata, le bilan du côté kurde s’élevant maintenant à 2 morts et un blessé.

L’OSDH rapporte que des militants sur le terrain lui ont confirmé que le YPG s’est emparé de tout le quartier dans lequel les combattants étaient concentrés et que plusieurs djihadistes ont été tués ou faits prisonniers.

Les comités de protection du peuple kurde (YPG) ont donc réussi à expulser les combattants du Front Al-Nosra et de l’État islamique islamique en Irak et au Levant (EIIL) de la localité de Ras al-Ein, par laquelle les djihadistes transitaient entre la Syrie et la Turquie.

Toutefois, quand les unités de défense kurdes se sont emparées d’une grande partie de la ville d’Al-Aïn Ras après les violents affrontements dans la nuit d’hier avec les djihadistes, les combattants d’al-Nusra et de l’EIIL se sont alors repliés sur les zones voisines de Tal Half, Asfar et Najar encore sous leur contrôle et, toujours selon l’OSDH, les affrontements se poursuivent, les djihadistes ayant rejeté toute idée de trêve

Les affrontements ont commencé hier quand les djihadistes du front al-Nousra et l’EIIL ont attaqué une patrouille du YPG et kidnappé un combattant kurde.

Depuis le début du conflit, les Kurdes ont été attaqués de toute part. Ils ont subi, depuis le début de la guerre civile, les attaques répétées des groupes islamistes dont al-Nosra et des groupes liés à l’armée syrienne libre (ASL), notamment dans la région d’Afrin, ainsi que les attaques du régime de Bachar al-Assad.

Toutefois, depuis le 19 juillet 2012, les Kurdes, qui tentent de se tenir loin du conflit et de préserver leur autonomie, ont pris le contrôle de neuf villes dans leur région et, dans le cas de Rass al-Ains, un accord sur la cessation des hostilités entre les Kurdes et l’armée syrienne libre (ASL) avait été conclu le 17 février 2013

Les djihadistes de plus en plus agressifs

Les groupes djihadistes en Syrie quant à eux, non contents de combattre les forces du régime de Damas, s’en prennent de plus en plus souvent aux autres groupes présents dans le pays, incluant les autres insurgés en lutte eux aussi, pourtant, contre les forces du régime.

Le 13 juillet dernier, des combats avaient éclaté dans le nord-ouest de la Syrie entre des insurgés de l’Armée syrienne libre (l’ASL) et des djihadistes liés à Al-Qaïda qui tentaient de s’emparer d’armes appartenant à l’ASL.

Quelques jours auparavant, des dizaines de rebelles de l’ASL avaient aussi été tués quelques jours auparavant dans une bataille contre l’EIIL près de la frontière turque par où ont transité nombre de djihadistes étrangers venus combattre en Syrie.

Quelques jours encore avant ces événements, des combattants de l’EIIL avaient tué le chef d’un bataillon rebelle de l’Armée syrienne libre (ASL) dans la région de Lattaquié (nord-ouest) en tentant de forcer un barrage.

Au début de l’insurrection, les rebelles avaient accueilli à bras ouverts les djihadistes venus combattre à leurs côtés, mais l’enthousiasme du début a cédé peu à peu la place à l’hostilité et au rejet en raison de l’extrémisme des djihadistes, dont la présence au sein de la rébellion explique aussi la réticence des puissances occidentales à fournir des armes aux insurgés de peur qu’elles ne tombent entre les mains de ces groupes islamistes radicaux.

Avancer leurs pions en attendant la victoire contre Assad ne suffit pas, semble-t-il. Les opposants au régime de damas ne semblent pas capables d’attendre son renversement pour se battre ouvertement entre eux et ces combats se font de plus en plus fréquents et de plus en plus violents.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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