Syrie: remue-ménage à la direction du parti Baas au pouvoir, Assad vire tout le monde

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Le président syrien Bachar al-Assad s'adresse aux membres du parti Baas réunis à Damas, le 8 juillet 2013 (Photo: SANA)
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Le président syrien Bachar al-Assad s'adresse aux membres du parti Baas réunis à Damas, le 8 juillet 2013 (Photo: SANA)
Le président syrien Bachar al-Assad s’adresse aux membres du parti Baas réunis à Damas, le 8 juillet 2013 (Photo: SANA)

Le président syrien Bachar al-Assad a écarté ce lundi 8 juillet tous les dirigeants de son parti, le Parti Baas au pouvoir en Syrie, dont le vice-président critique Farouk al-Chareh, disant qu’il «était nécessaire de faire une révision de critique de la prestation du Parti Baas»

Le comité central du «Parti Baas Arabe Socialiste» a tenu aujourd’hui une réunion élargie sous la présidence du président Bachar al-Assad, secrétaire régional du Parti, rapporte l’agence officielle syrienne SANA.

Lors de cette réunion, le président al-Assad, dit l’agence syrienne, a fait une analyse politique sur la guerre […] et les derniers développements à ce sujet, ainsi que sur les positions arabes et internationales et le rôle du Parti dans l’étape actuelle.

Assad a souligné la nécessité de faire «une révision de critique de la prestation du Parti et certains membres dudit comité ont abordé, dans leurs interventions, la prestation du Parti pendant la crise.»

D’autres membres, rapporte encore l’agence officielle, ont critiqué le rôle des cadres du Parti Baas «durant cette phase sensible de l’histoire de la Syrie, le qualifiant d’incompatible à l’histoire du Parti Baas.»

Résultat: tous les membres de la direction nationale du parti ont été écartés, sauf un, bien sûr, Bachar al-Assad lui-même.

Parmi les membres écartés du comité central se trouve le vétéran Farouk al-Chareh, très hostile à l’égard de la politique d’al-Assad, qui reste toutefois vice-président de l’État syrien.

En décembre 2012, Farouk al-Chareh, un proche collaborateur de longue date de la famille al-Assad et qui fut ministre des Affaires étrangères de son pays de 1984 à 2006 avant d’en devenir vice-président, avait déclaré que les forces armées du régime ne peuvent venir à bout des rebelles et appelé à un règlement politique négocié qui comprendrait la formation d’un gouvernement d’union nationale avec de vastes pouvoirs.

Al-Chareh, dont le nom avait été évoqué pour remplacer Bachar al-Assad en cas de transition négociée, avait tracé un portrait très sombre de la situation et critiqué sans ménagement la gestion de la crise par son gouvernement,

Dans la foulée de ce remue-ménage où Assad vire tout le monde sauf lui-même, le premier ministre syrien Waël al-Halaqi ainsi que le président du Parlement Jihad Lahham font leur entrée dans le commandement du Parti Baas, au pouvoir en Syrie depuis le 8 mars 1963.

Ce renouvellement à sa direction est le premier depuis 2005, quand la plupart des vétérans de l’époque avaient quitté le commandement, qui comptait à l’époque 14 membres contre 16 aujourd’hui.

Pour référence, voici donc la composition de la nouvelle direction du parti:

Le président Bachar al-Assad, secrétaire régional.

Dr Waël al-Halaqi, Mohammad Jihad al-Laham, Ammar Saati, Imad Khamis, Mohammad Chaban Azouz, Hilal Hilal, Abdelnasser Chafi’; Abdel-Mo’eiti al-Machlab, Fayrouz Moussa, Rakane al-Choufi, Youssef al-Ahmad, Najem al-Ahmad, Khalef al-Moftah, Hussein Arnous et Malek Ali.

Démission du premier ministre rebelle

Au même moment, le premier ministre rebelle syrien Ghassan Hitto a annoncé qu’il démissionnait, n’ayant pu former un gouvernement d’opposition, quatre mois après sa nomination.

La Coalition nationale de l’opposition syrienne, principale formation de l’opposition, a fait savoir dans un communiqué qu’elle a acceptait, la démission de Ghassan Hitto et annoncé qu’elle commencerait à recevoir les candidatures pour le poste de premier ministre dans un délai de dix jours.

La démission de Hitto survient deux jours après la nomination à la tête de la coalition de Ahmad Assi Jarba, considéré comme proche de l’Arabie saoudite, qui s’était opposée à la candidature de Hitto, soutenu par le Qatar.

Pendant ce temps, en ce dixième jour de leur offensive e pour s’assurer du contrôle de la totalité de la ville de Homs, les troupes syriennes, qui piétinaient depuis quelques jours, ont gagné du terrain dans le centre de la ville, appuyées par une pluie d’obus .

Les forces du régime auraient pénétré dans plusieurs secteurs de Khaldiyé, quartier du centre de Homs après de violents bombardements et en utilisant la tactique de la terre brûlée, détruisant systématiquement les immeubles à l’artillerie, obligeant ainsi les rebelles à reculer, selon ce que rapporte pour sa part l’AFP, qui dit avoir pu parler à un militant antirégime habitant la Vieille ville encore, pour le moment, aux mains des rebelles.

En revanche, Akrama, un quartier de Homs tenu par le régime, a été le théâtre d’un attentat suicide à la voiture piégée qui a fait cinq morts, selon ce que rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (l’OSDH).

Le quartier d’Akrama est à majorité alaouite, une branche du chiisme, dont est issue Bachar al-Assad.

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