Tunisie: assassinat du député et chef de parti d’opposition Mohamed Brahmi

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Le député et chef de parti d'opposition tuninisien Mohamed Brahimi (Photo: Mosaïque FM)
Le député et chef de parti d’opposition tunisien Mohamed Brahmi (Photo: Archives/Mosaïque FM)

Le chef d’un parti d’opposition tunisien, le député Mohamed Brahmi, a été assassiné jeudi par balles devant son domicile près de Tunis, ont annoncé des médias officiels et des responsables de son parti, rapporte l’AFP.

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Mise à jour 25/07/13 à 15h24

La principale centrale syndicale tunisienne (UGTT) a annoncé dans un communiqué une grève générale vendredi dans tout le pays «contre le terrorisme, la violence et les meurtres» après ce «crime odieux».

La France, la Suisse, l’Algérie et le Parlement européen ont dénoncé l’assassinat et la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a demandé «une enquête rapide et transparente».

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«Mohamed Brahmi, coordinateur général du Mouvement populaire et membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC), a été assassiné par balles devant son domicile dans la région de l’Ariana», ont indiqué la télévision nationale Watanya et l’agence officielle TAP.

«Allah Akbar (Dieu est grand), Mohamed Brahmi a été tué, son corps a été criblé de balles devant son épouse et ses enfants», a déclaré, en pleurs, à la radio, Mohsen Nabti, membre du bureau politique du Mouvement populaire, une petite formation de gauche.

La télévision Watanya a précisé, rapporte l’agence française,  que M. Brahmi avait été abattu par onze balles tirées à bout portant par des inconnus.

L’assassinat de Mohamed Brahmi est le deuxième du genre après celui de l’opposant Chokri Belaïd, tué également par balles le 6 février devant son domicile. Le meurtre de ce dernier avait provoqué une grave crise politique dans le pays.

Ce  meurtre est  le deuxième assassinat politique récent en Tunisie, le pays où le renversement du régime Ben Ali  fut à l’origine du «printemps arabe» qui a amené les réformse politiques et les  troubles sociauxque l’on connaît dans le monde arabe au cours des dernières années.

L’an dernier, un autre politique laïc tunisien, Chokri Belaid, a été tué et son assassinat avait suscité des protestations dans tout le pays et déclenché une crise politique.

Manifestations à Tunis et à Sidi Bouzid

Le siège d’Ennahda à Sidi Bouzid incendié (Photo: TAP)

Des dizaines de Tunisiens se sont rassemblés jeudi à Tunis et dans la région de Sidi Bouzid pour dénoncer l’assassinat d’un député d’opposition Mohamed Brahmi, accusant le parti islamiste Ennahda au pouvoir, rapporte pour sa part l’AFP.

«La Tunisie est libre, les frères dégagent», ont-ils scandé en référence au lien d’Ennahda avec la confrérie des Frères musulmans en Égypte.

«Ghannouchi assassin», «Ennahda doit tomber aujourd’hui», «l’Assemblée constituante doit être dissoute», ont crié les manifestants en colère qui ont commencé à se rassembler sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis aussitôt la nouvelle de l’assassinat connue, rapporte encore l’agence française.

Toujours selon l’AFP, au même moment, des manifestations ont éclaté à Sidi Bouzid, ville natale de Mohamed Brahmi, où des centaines de Tunisiens ont laissé éclaté leur colère contre le chef du parti d’Ennahda Rached Ghannouchi.

«Ghannouchi assassin», à bas le parti des frères (musulmans), à bas les tortionnaires du peuple», ont-ils scandé alors que des milliers ont envahi les rues de Menzel Bouzaiene, avant de mettre le feu au siège local du parti Ennahda.

La famille de Mohamed Brahmi a accusé le parti islamiste au pouvoir Ennahda d’être responsable du meurtre.

L’assassinat de Mohamed Brahmi a eu lieu près de six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, qui a été imputé fin février à un groupuscule islamiste radical.

La famille de Chokri Belaïd tenait aussi Ennahda, qui a démenti toute implication dans le meurtre, pour responsable de l’assassinat du leader de l’opposition laïc.

Mercredi, le ministre conseiller du chef du gouvernement Nourredine Bhiri avait indiqué, selon ce que rapportait l’agence de presse tunisienne TAP,  que les commanditaires de l’assassinat de Chokri Belaïd, avaient été identifiés et que leurs identité allaient être révélées par le ministre de l’Intérieur.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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