Zaatari: le camp de réfugiés syriens devenu une véritable ville

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Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)
Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)

Au-dessus du désert jordanien, ceux qui passent en avion ou en hélicoptère, remarquent une longue série de rangées de tentes et de préfabriqués. Plus de 130 000 réfugiés syriens ayant fui le pays vivent désormais à Zaatari, ce camp de réfugiés qui ressemble de plus en plus à une ville.

Un grand nombre de ces réfugiés vivaient de l’autre côté de la frontière, dans la province de Deraa, berceau de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad.

Ouvert il y a un peu plus d’an, le camp de Zaatari compte aujourd’hui quelque 133 000 occupants, vivants pour la très grande majorité dans des conditions très difficiles (selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés, HCR).

Mais, au fil des mois et du flux incessant de réfugiés qui arrive de la Syrie voisine, ce qui ne devait être qu’un camp provisoire est devenu la cinquième plus importante ville de Jordanie par sa population.

Désormais, Zaatari commence à se structurer: les tentes cédant maintenant la place à des constructions plus en dur, des préfabriqués en plastique et en aluminium. Les seuils de ces maisons ont été cimentés pour se protéger de la boue, certaines familles ont même mis de petites fontaines devant leur domicile, histoire de se sentir chez eux, a expliqués l’administrateur du camp, Kilian Kleinschmidt, du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés HCR, lors de la visite de John Kerry, jeudi.

Certains réfugiés se sont connectés au réseau d’électricité du camp, ce qui permet d’alimenter près de 3 000 magasins et 580 restaurants et étals de nourriture.

«Les gens de Deraa sont des commerçants. Ils ont ça dans le sang», a indiqué M. Kleinschmidt.

Siroter du thé, acheter des chaussures, marchander un climatiseur pour équiper leurs maisons, voilà ce que peuvent faire les réfugiés du camp de Zaatari.

Le camp la ville comprend également trois hôpitaux, deux écoles, un centre de distribution de nourriture et d’autres seulement pour le pain. Il est aussi doté de cinq terrains de football et d’aires de jeux avec des toboggans et balançoires.

Une quinzaine de bébés naissent chaque jour, 70% de la population de Zaatari étant des femmes ou des enfants.

«Je ne gère pas un camp, je gère une ville temporaire», estime l’administrateur Kleinschmidt. Selon le HCR, le fonctionnement du camp coûte près d’un million $… par jour.

À la question de savoir combien de temps le camp demeurerait encore ouvert, M. Kleinschmidt refuse de se prononcer: «trois jours, 30 ans, qui sait ?».

Le plan de la ville-camp de Zaatari (Photo: UNHCR)

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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