À l’audience de détermination de la peine, Bradley Manning demande pardon

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Bradley Manning est escorté, le 30 juillet 2013, à sa sortie de la cour martiale de Fort Meade, près de Washington (Photo: Archives/Saul Loeb/AFP)
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Bradley Manning est escorté, le 30 juillet 2013, à sa sortie de la cour martiale de Fort Meade, près de Washington (Photo: Archives/Saul Loeb/AFP)
Bradley Manning est escorté, le 30 juillet 2013, à sa sortie de la cour martiale de Fort Meade, près de Washington (Photo: Archives/Saul Loeb/AFP)

Alors que s’achève l’audience de détermination de sa peine, Bradley Manning, le jeune soldat reconnu coupable de la plus importante fuite de documents secrets américains et passible d’une centaine d’années de prison a demandé pardon et dit regretter «que ses actes aient blessé les États-Unis».

«Votre honneur, je veux d’abord commencer par demander pardon», a dit Manning en s’adressant à la juge Denise Lind, qui préside l’audience. «Je regrette que mes actions aient blessé des gens, qu’elles aient blessé les États-Unis».

Le jeune soldat de 25 ans a reconnu avoir transmis 700 000 documents militaires et diplomatiques au site internet WikiLeaks qui les a publiés, mais il nie catégoriquement avoir voulu nuire aux États-Unis.

Il se voit, non pas comme un traître, mais comme un dénonciateur, un «whistleblower», dit-on aux États-Unis, et affirme avoir voulu provoquer un débat mondial.

La Cour martiale l’a d’ailleurs acquitté de la plus lourde accusation qui pesait contrte lui, «collusion avec l’ennemi», qui aurait pu lui valoir la réclusion à perpétuité.

«Je comprenais ce que je faisais et les décisions que j’ai prises, mais je n’ai pas complètement saisi l’étendue des conséquences de mes actes«, a-t-il expliqué, ajoutant avoir maintenant bien compris.

«Quand je regarde mes décisions, je me demande comment j’ai bien pu penser que je pouvais changer le monde alors que je n’étais qu’un simple analyste», a-t-il aussi déclaré.

«Je suis désolé des conséquences involontaires de mes actions«, a insisté Manning,«Je pensais aider les gens, et non les blesser».

C’est la troisième fois seulement que s’exprime Bradley Manning en public depuis l’ouverture de son procès en juin dernier. Il avait auparavant pris la parole une première fois pour évoquer la sévérité de son régime carcéral et une deuxième fois pour exposer les motivations de ses actes.

Sa soeur Casey Major et sa tante Debra van Alstyne avaient dans leur témoignages parlé de l’enfance difficile du jeune Bradley. Se référant à son tour apparemment à ses troubles d’identité sexuelle et à son enfance difficile avec des parents alcooliques, Bradley Manning a noté qu’il avait des «failles et des problèmes« à résoudre, sans toutefois les utiliser comme «excuses»: «Je comprends que je doive payer le prix.[…] J’avais d’autres possibilités, j’aurais dû les utiliser».

«Malheureusement, je ne peux pas revenir en arrière et changer les choses. Je ne peux qu’aller de l’avant. Et je veux aller de l’avant» a-t-il affirmé, concluant en demandant qu’on lui accorde une autre chance: «Je sais que je peux et que je serai une personne meilleure, j’espère que vous pourrez me donner la possibilité de le prouver, non par des mots mais par des actions».

On ne devrait pas connaître maintenant l’issue de ces audiences de détermination de la peine avant la semaine prochaine.


Bradley Manning fait acte de contrition alors que s’achève l’audience de détermination de sa peine (Vidéo: CNN)

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