Aujourd’hui, sous l’oeil du monde, les Maliens se choisissent un président

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Du matériel pour le second tour de l'élection présidentielle arrive à l'aéroport de Tombouctou, dans le nord du Mali (Photo: Marco Dormino/MINUSMA)
Du matériel pour le second tour de l’élection présidentielle arrive à l’aéroport de Tombouctou, dans le nord du Mali (Photo: Marco Dormino/MINUSMA)

Les Maliens choisiront ce dimanche 11 août, sous l’oeil de la communauté internationale,  entre Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé pour présider aux destinées de leur pays  encore instable et qui sort de dix-huit mois d’une crise politico-militaire majeure.

Ce deuxième tour de l’élection présidentielle doit aussi permettre de restaurer l’ordre constitutionnel interrompu par un putsch militaire le 22 mars 2012 dont les groupers islamistes liés à Al-Qaïda avaient profité pour s’emoparer du Nord du Mali qu’il avaient près d’un an.

Les deux candidats, arrivés en tête du premier tour, sont des vétérans de la vie politique malienne: Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK, 68 ans, est un ex-Premier ministre, et Soumaïla Cissé surnommé «Soumi», 63 ans, un ex-ministre des Finances et un ancien responsable de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Keïta, avec une avance de 20 points (39,79% des voix au premier tour, contre 19,70% pour Cissé), semble largement favori, d’autant plus qu’il a reçu le soutien de 22 des 25 candidats éliminés au premier tour.

Cissé, pour sa part, mise sur une mobilisation plus forte encore qu’au premier tour, si cela est possible – 48,98%, un taux historique au Mali. «Il ne s’agit pas de compléter les résultats du premier tour, c’est une nouvelle élection», affirme Soumaïla Cissé.

Charismatique, Keïta apparaît aux yeux de ses partisans comme un l’homme d’État fort, seul capable de redresser le Mali, alors que les partisans de Cissé, économiste chevronné, font valoir ses compétences de gestionnaire.

Le scrutin sera surveillé par plusieurs centaines d’observateurs nationaux et internationaux et dont la sécurité sera assurée par l’armée malienne, les Casques bleus de la MINUSMA et l’armée française.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) apporte donc son soutien aux forces de défense maliennes dans l’application du plan de sécurité pour les élections.

Mais l’ONU soutient aussi les préparatifs du second tour de l’élection présidentielle au Mali et le rôle de la MINUSMA ne s’arrête pas à la surveillance.

Elle aide aussi les autorités électorales maliennes à faire parvenir les bulletins dans le nord et le porte-parole adjoint du Secrétaire général à New York, Farhan Haq, a indiquait vendredi que la MINUSMA acheminait du « matériel sensible » dans les villes de Tombouctou, Gao, Kidal et Mopti, dans le cadre des préparatifs du scrutin.

Pour permettre au plus grand nombre possible de réfugiés de voter, la MINUSMA a annoncé également qu’un vol à destination de Néma, en Mauritanie, avait été mis en place pour remettre leurs cartes d’électeur aux Maliens vivant dans des camps là bas.

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Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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