Égypte: le guide suprême des Frères musulmans arrêté dans la nuit de lundi à mardi

Le chef suprème des Frères musulmans, en fuite, Mohamed Badie, a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au Caire (Photo: capture d'écran, télévision égyptienne/45eNord.ca)
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Le chef suprème des Frères musulmans, en fuite, Mohamed Badie, a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au Caire (Photo: capture d'écran, télévision égyptienne/45eNord.ca)
Le chef suprème des Frères musulmans, en fuite, Mohamed Badie, a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi au Caire (Photo: capture d’écran, télévision égyptienne/45eNord.ca)

Mohamed Badie, le chef de l’influente confrérie des Frères musulman en fuite a été capturé avec deux autres hauts dirigeants du mouvement dans un appartement tout près de la place Rabaa al-Adawiya, là même où plus de 280 partisans du président islamiste déchu, lui-même issu des Frères musulmans, avaient été tués mercredi lors de la première opération de la police et de l’armée contre les manifestants islamistes, rapporte l’AFP.

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Mise à jour du 20/08/2013 à 8h26

Les Frères musulmans, la confrérie du président islamiste destitué Mohamed Morsi, ont annoncé mardi qu’ils avaient nommé Mahmoud Ezzat pour remplacer temporairement leur guide suprême Mohamed Badie arrêté dans la nuit de lundi à mardi.

M. Ezzat est l’un des adjoints de M. Badie au sein de l’exécutif de la confrérie. «Il assumera les fonctions de guide suprême sur une base temporaire après que les forces du coup d’État sanglant ont arrêté» Mohamed Badie, a déclaré la confrérie, rapporte ce matin l’AFP.

M. Ezzat, 69 ans, est médecin et a déjà été emprisonné plusieurs fois, aux côtés de M. Badie, dans les années 1960 et 1970. Les médias l’appellent généralement l’homme de fer » des Frères musulmans, en référence à sa manière abrupte de diriger la confrérie aux côtés de M. Badie, souligne l’agence française.

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Mohamed Badie, arrêté et emmené par la police pour être détenu (Photo: capture d’écran/télé égyptienne/45eNord.ca)

Les télévisions du monde arabe, tout particulièrement les télévisions publiques comme privées égyptiennes qui soutiennent quasi-unanimement le coup de force des militaires, ont diffusé dans la nuit des images de Mohamed Badie, 70 ans, emmené par la police et assis dans un bureau, l’air prostré dans sa jalabiya blanche, la longue tunique égyptienne traditionnelle.

La plupart des responsables des Frères musulmans ont été arrêtés ou sont en fuite.

Badie. en fuite jusqu’à son arrestation. était recherché notamment pour «incitation à la violence», le 10 juillet, une semaine après que l’armée eut destitué et arrêté M. Morsi, premier chef de l’État égyptien élu lors d’élections démocratiques mais qui, accusé par ses détracteurs, et plus de trente millions de manifestants fin juin, d’avoir accaparé le pouvoir au profit des Frères musulmans et d’avoir achevé de ruiner l’économie égyptienne, s’était avéré incapable de restaurer l’ordre et le calme.

Depuis six jours, et malgré le tollé déclenché dans la communauté internationale qui dénonce un «massacre», le pouvoir mis en place par l’armée a ordonné la dispersion systématique de toute manifestation des pro-Morsi qui refusaient systématiquement toute participation au processus de transition démocratique et exigeaient le rétablissement de leur président.

Les heurts avec les forces de l’ordre ont fait au total près de 900 morts depuis l’assaut de la place Rabaa mercredi, des partisans des Frères musulmans pour la plupart, tués par balles pour la plupart.

Le pouvoir avait donné il y a quatre jours l’autorisation aux soldats et policiers de tirer à balles réelles sur les manifestants s’en prenant aux biens publics et aux forces de sécurité.

Le chef de l’armée et nouvel homme fort de l’Égypte, le général Abdel Fatah al-Sissi, a encore répété dimanche que son pays ne «pliera pas» devant les «terroristes».

Plus d’un millier de manifestants pro-Morsi ont également été arrêtés, dont les cadres les plus importants des Frères musulmans, qui doivent être jugés à partir du 25 août, comme Mohamed Badie.

Le propre fils de Badie a lui-même été tué par balles durant une de leurs manifestations «contre le coup d’État» vendredi au Caire.

M. Badie est le 8e guide suprême des Frères musulmans, élu en janvier 2010 à la tête de la confrérie qui avait remporté les premières législatives libres du pays début 2012, un an après la chute de Hosni Moubarak.

M. Badie a déjà séjourné à plusieurs reprises en prison, accusé de divers complots pour renverser le pouvoir égyptien dans les années 1960, avant d’être élu à la tête de la confrérie en 2010.

Ancien adepte d’un islam rigoriste et radical, il est devenu par la suite partisan d’une islamisation progressive de la société plus que d’un renversement brutal du pouvoir.

Né en 1943 à Mahalla, dans le Delta du Nil, il a fait des études vétérinaires avant d’enseigner cette discipline puis de faire ses premières classes dans la mouvance du théoricien et activiste radical musulman Sayyid Qutb.

Dans le pays, les médias unanimes et une grande partie de la population qui considèrent désormais les Frères musulmans comme des «terroristes», soutiennent la méthode forte de l’armée, condamnée toutefois par une partie des puissances occidentales, scandalisées, mais soutenue par plusieurs pays arabes.

L’état d’urgence et le couvre-feu décrétés jeudi restent en vigueur mais une vie quasiment normale, si ce n’était des chars de l’armée déployés sur toutes les grandes artère, a repris dans la journée lundi dans la capitale.

*Avec AFP


Le chef suprême des Frères musulmans arrêté dans la nuit de lundi à mardi (Vidéo: Al-Jazzera)

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